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21/05/2017

DE L’OMERTA A L’OBSCURANTISME

Je rêve de journée sans « journée de…», de journées agissantes et sans le moindre symbole ! Assez de ces pansements encollés dans une chronologie toujours plus pathétique comme de la poudre de riz masquant les véritables maux qu’il ne faut surtout pas nommés au nom du politiquement correct. Rives et dérives de l’omerta. Moins contrariée par les faibles d’esprits qui s’en laissent conter, et qui soumis chaque matin par les médias à un goutte à goutte d’inepties grandioses peine à penser comme à ceux qui s’autocensurent sous la pression ; que par d’autres exerçant en particulier sous la bannière d’associations sinistrement encartées, mais gardiennes de la « bien-pensance », puisque soit disant défenseures des droits de l’homme.

Une bien-pensance servit par une légion de terroristes de la pensée prêts à brandir une contre-attaque bien rodée, qui lorsque tombe une dénonciation « dérangeante », lui flanque une origine nécessairement xénophobe. Il faut fatalement détourner les faits par une sémantique du déni, mépriser les victimes de maux bien réels pour ne pas toucher à l’intouchable impératif multiculturaliste. Le visage du fascisme sévit confortablement là où fut un temps, il était improbable de le trouver.

Ses pires pourvoyeuses étant les féministes moribondes bataillant pour chasser la trace du genre dans les jouets des œufs Kinder, et dont les combats s’arrêtent par lâcheté là où elles pourraient être targuées de discrimination ethnique et cultuelle, en dénonçant des actes purement sexistes car reposant sur des pratiques archaïques. Avec ces compromissions, ces reculs, et ces accommodements inacceptables, l’obscurantisme de masse s’est réinstallé au pays des Lumières, qui au nom des droits de l’homme relativise tout ce qui porte préjudice à la dignité des autres aux bénéfices de certains.

Ariana Barras   

19/05/2017

LES VENTS DE LA VIE

Au nom de ma liberté intérieure, autant que notre condition humaine nous accomplisse pour faire de nous des affranchis. Je me suis donnée totalement, sans condition, sans calcul, ni même avec l’espérance d’être aimée. Seul autel permettant de tout offrir sans stratégies de pouvoir sur l’autre, manipulations sentimentales, ou combats inutiles et ravageurs. Aimer ne s’inscrit pas dans le registre des obligations, ni ne se maintient sur le socle de l’ignorance de l’autre, et dans l’absence persistante des mots qui le construisent, l’élèvent, le subliment et le cimentent.

Il s’énonce naturellement dans une correspondance amoureuse, fiévreuse, monstre, inévitable. Porté par une composition renouvelée, particulière, destinée clairement à l’autre. Façonnée sans économie de matière comme un ouvrage travaillé par la main d’un sculpteur. En ciselant mes mots pour toi, je peux pressentir ton souffle tombant contre eux, la joie cédant dans ton sourire, ton visage éclairé de lumière. Dans ton cœur fortifié d’amour, au-delà de l’enthousiasme, la force et la vie, le sacre de David, l’infini.  

Chaque matin se lève vers toi, avec sur ce dernier quart mon ardeur clouée contre ton absence sur la toile tendue de ton silence de plomb, méprisant, et aujourd’hui sur ton cynisme délectable. Mais la terre poudreuse efface ces derniers jours de maladresses, la paix revient dans la pureté d’une goutte d’eau. Tu es ma soif et ma faim. Comme un printemps profond circulant dans mon sang. Une racine aux germinations célestes. Comme le fleuve rapide de ton feu qui court entre mes seins. L’étreinte de la terre qui m’attend. Je porte en moi notre conversation inachevée comme nos deux âmes unis au-delà de la distance et du temps.

Ariana Barras

14/05/2017

REQUIEM POUR UNE ILLUMINEE

Sous le carrousel, la liberté de Delacroix, Les noces de Cana, mais aussi le Radeau de la méduse, et Le tricheur à l'as de carreaux... Cependant nous sommes à l'opposé d'un épisode sacré où les jarres d'eau se changent en vin. Mais à ras de terre dans le profane, où celui de l'or de la patrie se change en plomb. Aujourd'hui se parachève l'apothéose en papier glacé de l'empereur au pied d’argile, avec l'emprunt sacrilège et décomplexé à Don Giovanni des " nouvelles conquêtes remplissant son carnet " !  

Il est vrai que tout l'art d'une fresque est de prolonger l'espace. Pour cela, elle doit être hors sol ! Puis garder à l’esprit que « le privilège des (vrais comme des faux) grands, c’est de voir les catastrophes d’une terrasse ». Néanmoins, l'ironie du chantre ne change guère son galimatias linguistique et singulièrement mystique. La nouvelle " Belle époque " danse bien sur les versants d'un volcan. Le bal des laquais a débuté avec toutes ces bonnes vieilles recettes implacables enracinées dans un immense désert de convictions.

Les bouffis d'arrogance et d'ambition en herbe s’additionnent aux petits personnages locaux pompeusement satisfaits d’eux-mêmes, et à celle non moins glorieuse liste des irréductibles patentés à vie du pouvoir. Les lèvres mouillées à la pensée d’une fonction honorifique, et d’un morceau d’étoffe tricolore. Fâcheusement les mêmes séduits par un cordon doré sous la voûte étoilée, exhortant à l’élévation de l’humanité tout en exhibant leurs pâles défections.

S’il est entendu que nous ne sommes que des hommes, alors il est bon de s’essorer la conscience avec nos modestes instruments pour se rappeler les remarquables valeurs censées nous animer. Comment prétendre changer le monde avec des masques, et des codes inacceptables ? Comment prétendre changer le monde s’en s’être soi-même dépouillé ?

Ariana Barras    

08/05/2017

« À VAINCRE SANS PERIL, ON TRIOMPHE SANS GLOIRE »

Sous la tenaille continue de la médiacratie serrant sa prise sur la jugulaire de la liberté et de la démocratie ; après la charge persuasive des « Cavaliers de l’apocalypse » nourrissant la peur en maintenant la catalepsie d’une analyse cohérente, empêchant discernement personnel et éveil de conscience, et au milieu du cirque prévisible des « Zélotes », voici le cadeau de la finasserie, de l’art de l’ambigüité, et de l’inquiétude assurée.  

On pourrait se lancer dans la conjecture, certes aisée, de la géométrie variable du renouveau façon placébo. Dans très peu, le CDD de l’attrait clinquant sera remplacé par le CDI de la cuisante désillusion que la seule jeunesse ne parviendra pas à excuser. Le coup d’air frais sur le grand boulevard mutera en secousse glacée. Ce sera l’heure de l’aigreur, du blâme par la diatribe et du verdict sans appel.  

« La chute des grands hommes rend les médiocres et les petits importants ». Victor Hugo.

Ariana Barras

04/05/2017

JEU DE DUPES

En une sombre liste de phrases… La précaution à effacer l’ancrage fondamental à l’histoire et à la mémoire de nos terres ancestrales. La volonté à renier l’existence et le rayonnement de la culture. Le désaveu de la reconnaissance et de la considération d’un vaste et noble récit inscrivant le nom de chacun dans un passé commun. La prétention grave de juger hier avec les yeux d’aujourd’hui ! Il fallait bien une noria aguicheuse sur une culture du jeunisme exacerbée pour servir de cheville ouvrière à un pseudo renouveau.

Consternée par une comédie à la tonalité tragique et à l’obscénité scénique. J’observe un boulevard élargi où s’engouffre le vent de la sottise et d’affligeants calculs de boutiquiers. Fréquenté par des garnisons gisantes de fossoyeurs et autres tuteurs patentés, aveuglés ou aveuglants, travaillant avec obstination à cette déconstruction continue. Au mépris de l’humain, de la réflexion et d’une démocratie emportés par la carence d’idéologies créatrices et bâtisseuses. L’apothéose de la vacuité creuse le chenal du chaos.   

Mais où est donc passé le séjour de nos magistrales « Lumières », inspiratrices et pourtant pas si lointaines ! Cette coupe altière de pensées nouvelles qui a tant nourri les pierres angulaires de nos édifices. Façonnant et dressant nos valeurs, et la justesse de nos idéaux. Pourtant, si seulement on s’employait à éclairer l’esprit, il y a fort à parier qu’on le ferait triompher !

Ariana Barras