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25/01/2017

LA CADENCE DU JOUR

Assumant ma préférence à barrer en solitaire pour me réparer sans écumer chacune de mes escales dans ce journal de bord. J’admets que de ma convalescence, j’ai séparé les raisins amers pour t’offrir en partage les grappes luisantes moissonnées. C’est ainsi qu’à l’arrière de ces sillons cendreux m’est restée la douceur des sentiments, murmurant comme la respiration d‘une brise dans l’embrasure du levant.

Ton nom est celui de la terre profonde où s’enracine mes jours, où demeure tout ce qui dure, l’eau des rivières qui court dans nos ravins capricieux, la croissance de l’aube, le bleu des crépuscules, et ton parfum qui me brûle. Au milieu du ciel s’allume les vergers d‘étoiles que tu suspends dans le soir pour m’écarter la nuit, et m’ouvrir le matin comme un rosier blanc sur tes écrits.       

Illuminant ma solitude, ta présence plus que toute autre domine mes pensées comme les ailes du vent consumant les vallées. Et je me suis prise à aimer ce mystère non résolu incrusté comme un rubis, ce morceau d’univers qui se répète à l’infini, cette parcelle de terre que tu es dans ma géographie. Mais avant de sceller la vie dans l’éternité, et bien avant que notre sillage ne tombe comme un seul feu de lune, d’ici là, aucun lieu n’a plus d’éclat que notre parvis… 

Ariana Barras 

21/01/2017

AU LAIT DE TA TENDRESSE

Ce matin quelque chose est monté dans l’air cerné de blanc. Sans doute la sonate d’une comptine s’égrenant comme un doux aveu faisant du ciel une mosaïque jaune et bleu.

Voilà ce que tu façonnes quand ton regard va se perdre sur l’horizon, entre les deux balustrades vernies de l’amour et de la passion.

Et moi j’ai ton sang aux tempes qui découd en moi comme l’indécence d’un volcan,

J’ai devant mes yeux la nuit et son incendie qui s’allume dans tes prunelles,

J’ai devant ma bouche ton fruit coquelicot sous la lune en robe de noce,

J’ai tout en moi qui cède dans l’or à la lueur de ton corps,

J’ai le temps de la joie qui lance son cri, et la vie qui nous répond et nous sourit,

J’ai nos lieux, nos seuils, et nos préférences, et j’ai aussi la douce impatience de ne pas savoir quand,  

Comment te le dire autrement ? Je ne changerais jamais d’Amour comme on change de saison, d'année ou de jour.

Ariana Barras   

18/01/2017

MODESTES HERITIERS

« Travailler à l’amélioration de l’humanité ». Sans définition du sens attribué à l’humanité, il est vrai que le projet peut paraître présomptueux, s’il n’est pas au pire pour certains une porte ouverte sur des phantasmes toujours florissants, à travers l’idée d’un pouvoir tangible exercé par un cercle élitiste. Bien loin de la noblesse de ceux qui conçoivent que cette amélioration n’est autre que celle de soi, et que viser celle de l’humanité est l’objectif suprême de l’homme.

Les véritables adeptes du « connais-toi toi-même », de ceux qui prônent le non savoir, qui ont fait leur la méthode socratique. Considérant l’infini du monde, et l’infinité d’interprétations, ces observateurs éveillés et avant tout altruistes, travaillent à la quête de sens à la lumière de la philosophie. Modestes artisans d’une spiritualité non pas divine mais humaniste, animés d’une croyance en l’espérance pour l’homme et en sa libération par l’élévation.

Ces Hommes et ces Femmes dont je me réclame, attachés à la notion de liberté, en particulier celle de penser, ne sont en réalité que de simples explorateurs de la profondeur de l’Être œuvrant par cette voie à l’amélioration de l’humain, et notamment en transmettant comme tu le fais avec autant d’engagement.

Et j’aime à penser que nous puissions fédérer par l’émulation sans pratiquer de prosélytisme dont je me défends, mais seulement en portant nos valeurs à l’extérieur pour leurs donner Sens et Vie.

Ariana Barras

09/01/2017

LA TUNIQUE SOMBRE DES NUAGES

Heureusement il y a des lendemains pour nettoyer les cendres d’hier. Si ce fauteur de troubles n’était venu relancer la bête avec sa virulence pour réduire l’horizon. Si je n’avais pas pris l’écriture pour un refuge le temps qu’il vide le ciel, mon acuité et ma concentration ne seraient pas allées roder ailleurs. La fraîcheur du matin dans l’ascension tempérée de la lumière, l'éclat de nos rires, l'art des petits riens, et sur la nappe l'ombre du café noir tressée aux vapeurs de thé. Dimanche s’annonçait plutôt bien.

Puis notre débat passionné autour de ses manipulations sémantiques qui me sont allergènes. Avec cette hypocrisie du vivre ensemble dissimulant la démission de nos instances dirigeantes. Et l'intelligence humaine ciment supposé du joyau de la fraternité. Sans trop m’attarder, accorde-moi de désigner l'utopie pour ce qu'elle est, un remarquable moteur pour se dépasser, une espérance louable pour s'élever, un levier pour le progrès.

Mais dans ce décor d’influences la dimension universelle prend les allures d'une sauce industrielle qu'il faut commercialiser à tout prix comme un consolateur. Alors même si tous les gars du monde ne s'installent pas à la table du partage dès demain. Continuons à nous améliorer en travaillant nos relations immédiates. Et fasse que ces gouttes d'eau tombent en pluies fines sur nos parvis pour les faire briller.

Ariana Barras  

08/01/2017

LIENS FRATERNELS ET PARADOXES

Incommodée par les discours amollissants des tenants de la fraternité universelle dissolvant les clivages, et les conflits de tous ordres en exhortant à l’utopie de la réconciliation collective. Frappés par notre quotidien et les médias, comment rester convaincus que l’intelligence humaine parvienne à unifier les différences, à rapprocher quand tout oppose, là où l’aiguillon des passions et des convoitises règne en despote ?

Nous sommes notre principal obstacle à l’avènement d’une ère de pacification. Est-il nécessaire de rappeler les prédispositions naturelles de l’homme à s’opposer pour dominer, à asseoir son pouvoir sur autrui pour se maintenir tout en haut de la hiérarchie afin de s’assurer de sa propre survie. Attitude sans doute conditionnée par l’ancrage profond d’une peur instinctive, animale, suscitant ces comportements de dominants/dominés. Peut-on réellement vaincre ces peurs ? L’accès équitable aux ressources est-il un moyen suffisant pour envisager sereinement le futur de l’humanité ?

Et pourtant en arrière-plan de tout ça, des liens si nombreux unissent les hommes, comme si nous avions le besoin impérieux de créer du lien. Avec nos élans d’empathie, et de solidarité affluant de toutes parts notamment au milieu des heures noires, manifestant semble-t-il la nécessité de se resserrer autour d’une espérance commune.

Nous faut-il être face à des situations d’urgences pour que ce lien t’interdépendance entre les hommes surgisse et fasse de nous des Êtres humains ? Nous mettons tant de précision à détruire ce qui nous unit, et paradoxalement à nous unir dans ces déchirures et ces ruptures, comme nous mettons tant d’application à nous unir à nouveau par détermination. Au-delà de ces contradictions, gageons qu’au plus profond de nous-même, nous nous sentions réellement responsables de l’existence de l’autre, responsables de la Vie et du Monde.     

Ariana Barras