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07/03/2017

ET LE MONDE SE PRECISE

Cette rade définitivement ensablée, est l’endroit où sèche une histoire écumée qui a eu l’auguste idée de désirer mourir. C’est vrai, durant quelques saisons cette bande d’ardoise flanquée mollement dans le sillage de mon vaisseau avait dispersé mes rêves d’aimer.

Mais en moi, les renoncements ne sont jamais qu’un essaimage de doutes, de minces flaques d’eau tout juste endormies refusant de s’ancrer dans un carré de sable gris. Et comment dire au vent de songer au repos ? Chaque matin est un départ d’aube soulevant la foudre blanche de mon amour pour la vie !  

Depuis, de célestes manœuvres se sont hissées au sommet de ma coupole. Tu as dû arriver par quelques tunnels secrets. Amenant avec toi un morceau de ciel et une légion d’étoiles. Même le soir est un orage de clarté. Veilleur du pas discret de l’infime, de l’écorce magistrale du jour, et de la sève des émotions. Guetteur de l’or des voyelles. Passeur de vérité dans un mot griffonné sur le bord d’une nappe ajourée.

Tu es mon port souverain, ma délicieuse résolution.  Le soleil fauve de mes douces lueurs auquel je ne saurais décompter ni les instants de grâce, ni les heures. Laissant sur mes joues colorées de rosée la musique éclusant l’infini. Je veux bien déserter toutes les saisons pour n’enlacer que la tienne !

Ce matin le temps m’a murmurée dans un écho que notre cathédrale avait plus de mille ans ! Lorsque la lumière nous touche, nous sommes une petite liste de mots allumant des feux sur la toiture du monde, s’envolant vers le haut. Deux anges flamboyants se mouvant aux dessus des eaux.   

Ariana Barras

03/03/2017

FAISEURS DE DEROUTE

En résonnance avec toi. Marianne fille éplorée de la République regarde sa mise en berne sans drapeau puisque désormais déposséder de ses siècles de culture expédiés aux oripeaux. Dévorés par l’amertume d’une déconvenue non assumée, le désaveu marqué sur le portrait. La rançon des prélats déchus se paye à taux d’usure comme les emprunts d’états valsent en démesure.

On aurait pu croire que le tumulte au loin venant de l’horizon, était celui de la cavalcade des sabots. Ce ne sont que vacarmes arrangés. Que le bruit des chaînes rompues monterait en récital à la pointe du jour. Que non ! Point de contestation ! Il faudrait être debout pour s’en défaire à coups de bâton ! 

La hiérophanie tient bon le pavé avec sa dictature insidieuse qui selon avance laborieuse dans son entreprise de démolition. Les trottoirs demeurent livrés à un long sillage de chiens pissant sur les réverbères. Et toujours pas de grognards à l’horizon pour aller chercher querelle à l’empereur et à sa horde de suiveurs. C'est vrai qu'il faut se hisser à la pointe de l’indocilité pour aller arracher les gerbes de la liberté.

Je crois que j’ai le cœur en bataille et la page en vers vengeurs !

Ariana Barras  

COMMENTAIRE

Superbe ! Une chant empli de sensibilité. Le mot juste et bien placé. Une sacrée invitation à regarder au-delà des apparences.

Merci à vous Madame.

COMMENTAIRE

Ariana BARRAS,

Le chant et la fleur merveilleuse de ce blog, c’est vous ! Moi j’aime et je vous le dis.

01/03/2017

LES RACINES ET LES BRANCHES

Au cours de nos décades nous érigeons d’incrédules constructions où seul un filet d’eau peut se frayer un chemin, où les coins reclus sont nos propres geôles cernées de certitudes. Façonnés par nos habitudes, nous souffrons d’un déni de mémoire. En remisant la nôtre, celle de nos aïeux, de nos terres ancestrales. Nous évitons de penser la réalité de l’existence soumise à l’entropie commune à l’univers. Convaincus à défaut d’être les héritiers de l’éternité. Nous en venons à vivre comme des despotes jouant sur un coup de dés l’avenir de l’humanité.

Il faudrait se souvenir du chant et de la fleur merveilleuse que le jour plantait dans nos yeux, lorsqu'en pleine jeunesse nous buvions la vie jusqu’au bout de la galaxie. Alors précisément conscients du cadeau prodigieux qui s’offrait à nous, emparés de la responsabilité entière de la Terre et de ce Tout saisissable. Le sensible nous était perceptible. Nous avions l’intuition d’une source de connaissance accessible, du théâtre perpétuel d’une mémoire universelle. En examinant la Lumière nous pressentions déjà qu’il n’y avait pas de lignes frontalières entre le spirituel et la matière, que nous étions de simples voyageurs du temps, passeurs de peu, et de l’infiniment grand.   

Au moment de rassembler ce qui est épars. De se rassembler pour devenir. De se rassembler pour s’unir. Si les racines se sont inversées au profit de l’effet. Que les fruits prennent la tunique d’une récolte flétrie comme des années qui n’ont jamais servi. Si les apparats se dressent pour combler le désert des vérités dont la recherche animait le pas de l’initié. C’est que le labeur a perdu de sa conscience et les hommes de leur ardeur. Qu’il nous faut réveiller la saveur de l’authenticité. Qu’il nous manque de regarder le monde avec l’âme et le cœur.

Ariana Barras