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05/02/2017

LES AILES DE LA PASSION

Une cordée de mots pour quitter le sol, et se donner une prise sur les choses dans l’écrit. Le rebond de quelques  flaques d’eau. Un halo de brouillard remonte de la rivière comme s’installe un mystère. Une simple concordance s’établit entre la veille et aujourd’hui. La journée se termine sur la terrasse du couchant.

Dans cette ambiance tiède que tu éclaires derrière les branches lourdes de la lumière basse, qui assidûment recopie ton image. Les accords de la musique de ton ardeur déclarée dans une nuit bleue de chine profanent délicatement mes galeries.

La douce fulgurance que je reçois de toi porte en elle un carré d’or convoquant tous les parfums du monde. Revêtue d’émotions denses et de vie, de vertiges merveilleux. La croissance de la passion que tu m’adresses soulève superbement l’épi luisant du matin.    

Quel chemin parcouru pour rejoindre la synthèse de nos parenthèses. Ces heures suprêmes, ces instants parfaits. L’allure, la hauteur. L’excitation en point de suspension. Une lésion douce et bleue au cœur. Les échappées belles de ces deux grands cerfs-volants blancs se jouant du ciel. Ce sont des procurations inestimables pour arracher au temps la virulence de la déraison ! 

Ariana Barras

03/02/2017

LA PAROLE CIRCULE

Sur le pont à récolter la poudre de l’horizon. Mon souffle prenant son vol sur le dos le vent. C'est là que je me sens bien. Il y a des jours comme ce matin. Où le ciel est une immense toile blanche sur laquelle tout peut s'inscrire comme sur une page pure. La majesté royale des aigles dominant les sommets détachés. Quelques cloches nouvelles battant les pierres de nos villages. Les étoiles que tu accroches pour m’envoûter.

Puis ce que je contemple, cette superbe lumière qui est la mienne ! Je n’en manquerai aucune aurore. Pour compléter le tableau, et faire une époque bleue de tes rafales de soleil, et de tes grains de feu. Je cueille chaque baiser tombé sur cette prairie, et l’insolence de tes prunelles qui exhale d’envie.

A la craie blanche je ne grave que le sable. J’expose mon tendre appétit. Je ne sais pas si ces mots mille fois écoutés, connaissent l’usure ? Mais mon écriture ne demande rien d’autre que de battre comme une mesure que j’espère juste. Je la veux simplement propice à ma vérité.

Alors quand je songe à tes palissades d’écrits dressées comme des agapes. Qui font la pluie et le beau temps. A cette ombre fraîche qui retarde les heures. Je sais que le brasier de ton énergie dévore le vide sans rancune. Je crois que l’air que tu ne respires pas est un infortuné. Et j’aime à penser qu’il y a une filiation entre les astres et les tailleurs de mots que nous sommes.             

Ariana Barras   

COMMENTAIRE

A ceux de mes lecteurs ayant rencontré l'impossibilité d'ouvrir ma newsletter de mercredi. Ainsi qu'à ceux qui ne l'ont pas reçue. Ce problème informatique est enfin résolu. Je l'ai donc republiée ce matin. Veuillez m'en excuser. Vous aurez une double dose dans la journée !

Et puis un grand Merci de m'accorder la générosité et la chaleur de vos nombreuses visites. De vos temps traçant de petites flammes en plein cœur de mon jardin. La bienveillance que vous avez à me lire me parvient dans le sourire de vos visages comme vos messages. Vous m'offrez la permanence d’un grand passeport sur un paysage ouvert. C'est dire si je suis touchée. Vous êtes entre mes lignes.

Ariana

CHAQUE HOMME VIENT AVEC SA MUSIQUE

Abandonner la souffrance, les ressentiments, et la mélancolie dans les versants d’hier. Déraciner une espérance prodigieuse à ces passages escarpés. Refuser de vivre dans le passé mais consentir que le passé vive en moi. Par-dessus tout, mobiliser mes souvenirs au service d’un présent et d’un lendemain que je veux lumineux.  

A examiner l’envers de mon ouvrage qui est celui de toute une existence, j’aurais voulu en rattacher les points dans une parfaite concordance à l’écart des fausses promesses. Pourtant à présent j’en distingue clairement l’ordonnance, dont les compositions sont à l’évidence reliées par l’intensité de la vie et la passion.    

J’en suis venue à accepter que l’intention lancée retombait parfois à côté de l’objet. Néanmoins convaincue que c'est là une manière de susciter le désir de se renouveler plutôt que de se répéter. Selon, je préserve ma mémoire demeurant la pierre angulaire sur laquelle s’érige ma capacité à évoluer en me frayant un accès vers la liberté.  

Voilà de quoi assister à l’éloquence du jour se lever sur l’horizon et les hommes. Planter la flamme de mes yeux irisés dans le matin pour relancer l’imagination et l’acuité. Puis se savoir conquérant, lorsque l’on sort de la nuit avec l’envie ravageuse de savourer quelque chose ! Comme écouter le monde bouillir contre ton cœur, ton souffle qui suit le vent. Ça ressemble un peu à une averse de bonheur essuyant le printemps.               

Ariana Barras    

29/01/2017

LES RESERVES DU CIEL

Les arbres se sont vidés. Leur ombre file sur le lointain en majesté. Les yeux transis de mélancolie, les oiseaux engourdis se serrent sur le bord des fenêtres. Les trottoirs et les allées ressemblent à des tapis de fleurs usées chuchotant de dénuement. Le soc de l’hiver est venu gercer nos vitres. Logeant son odeur de givre sur le toit de nos villages en siphonnant l’ombre blanche des foyers et des lampes allumées.

Les choses succombent à leur beauté. Tournées vers le soir qui se ranime sur fond d’aurore comme un comptoir de chine. Ici les constellations ne bernent aucune saison. Préférant se planter dans le silence pour le colorer de fauve. Quand s’enflamment les lumières sur les versants, elles les drapent d’une couverture rouge où escaladent nos rires sauvages.  

Invités permanents à ce banquet nos paumes se remplissent de figues, et de vins. Comme ces matins garnis du temps offert et nu. Ces instants éparpillés, ce bouton d’or et mes mains douces sous tes chemises. Que veux-tu que je te dise ? Je ne connais pas meilleur endroit pour saisir le ciel scintillant à perte de vue !

Ariana Barras