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01/03/2017

LES RACINES ET LES BRANCHES

Au cours de nos décades nous érigeons d’incrédules constructions où seul un filet d’eau peut se frayer un chemin, où les coins reclus sont nos propres geôles cernées de certitudes. Façonnés par nos habitudes, nous souffrons d’un déni de mémoire. En remisant la nôtre, celle de nos aïeux, de nos terres ancestrales. Nous évitons de penser la réalité de l’existence soumise à l’entropie commune à l’univers. Convaincus à défaut d’être les héritiers de l’éternité. Nous en venons à vivre comme des despotes jouant sur un coup de dés l’avenir de l’humanité.

Il faudrait se souvenir du chant et de la fleur merveilleuse que le jour plantait dans nos yeux, lorsqu'en pleine jeunesse nous buvions la vie jusqu’au bout de la galaxie. Alors précisément conscients du cadeau prodigieux qui s’offrait à nous, emparés de la responsabilité entière de la Terre et de ce Tout saisissable. Le sensible nous était perceptible. Nous avions l’intuition d’une source de connaissance accessible, du théâtre perpétuel d’une mémoire universelle. En examinant la Lumière nous pressentions déjà qu’il n’y avait pas de lignes frontalières entre le spirituel et la matière, que nous étions de simples voyageurs du temps, passeurs de peu, et de l’infiniment grand.   

Au moment de rassembler ce qui est épars. De se rassembler pour devenir. De se rassembler pour s’unir. Si les racines se sont inversées au profit de l’effet. Que les fruits prennent la tunique d’une récolte flétrie comme des années qui n’ont jamais servi. Si les apparats se dressent pour combler le désert des vérités dont la recherche animait le pas de l’initié. C’est que le labeur a perdu de sa conscience et les hommes de leur ardeur. Qu’il nous faut réveiller la saveur de l’authenticité. Qu’il nous manque de regarder le monde avec l’âme et le cœur.

Ariana Barras

26/02/2017

LA LAMPE DE CEYLAN

Ce blog est une fenêtre dégagée sur la voie lactée. Avant tout une réponse au plaisir d’écrire. L’impérieux besoin de décapiter les murs et de faire danser les frontières pour élargir mon champ aux étoiles. Et puis ouvrir des passages permet d’en fermer d’autres en faisant chanter des voix originales. Préserve les sensations extraordinaires et le merveilleux des émotions. Une manière de remettre du vent sous mes cheveux et un banc de lumière dans mes yeux. L’amour de la vie a fait de moi une rivière récalcitrante au renoncement et à l’oubli.

L’écriture donne un pouvoir sur les choses et le monde. Impose de combattre l’étroitesse de l’existence, et d’entrer en sédition avec soi. Le refus d’être un simple passager périssable ou la voix altérée d’une fontaine. C’est l’acharnement de la création pour perpétuer la vie et faire reculer la mort même si le temps est un gisant de papier. Je préfère me tenir debout pour vendanger les mers, et faire grimper la vigne sur la pente des coteaux en écoutant le rire épais de l’air salé. Composer un pays où les oiseaux sont rois. Où les chapelles allumées font loi. Où l’on vit plusieurs fois. Où l’amour suit les marées pour se renouveler…

Je crois que mon rythme est alchimique. La soif d’écrire, le feu de l’élan. L’accord de trouver une phrase juste. La musique des mots peut s’enrouler par pages entières dans ma tête à tout moment à la cadence d’un oratorio. Les mots se sont bouturés à ma chair et toi semble-t-il à mes os. Tu sais que l’azur est toujours sous la pierre. Laisse-moi seulement nettoyer un peu la lassitude de tes yeux. Orner ton horizon de son logis sans fin avec ce couchant rubis hissé en cabochon.    

Ariana Barras     

21/02/2017

DU LISSAGE DE LA PENSEE

Si l’on se mobilise pour protéger la pluralité des systèmes écologiques. En revanche, peu se soulève pour la préservation d’une autre biodiversité, celle de la pensée. L’orthodoxie de la pensée unique se prélasse comme une autorité omnipotente. Ourdie de défiance, l’opinion indocile est endiguée, frappée d’aphasie, muselée de son souffle, par des injonctions maculées d’arrogance, et parfois d’attitudes rageuses. Exit, les récalcitrants au système lissant et dominant dont les dictats sont relayés sous les hospices de la « bien pensance » au moyen de réseaux satellisés !  

Le monde doit apparaitre nécessairement binaire. Il ne s’agit pas de rassembler mais d’opposer et de piloter. Quant à l’authenticité, elle s’établit dans les esprits comme parole d’évangile par des messages clairement martelés. Ainsi s’éduque le peuple ! En quittant les sentiers bornés, on s’expose à l’épée de feu incarnée par une escouade serrée de frères d’armes. Conservateurs auto érigés de la morale et débonnaires préservateurs de la gouvernance admise. Aux jugements tombés de cette vox médiatique tenant sous sa coupe une vox populi probablement carencée de colonne vertébrale, et de quelques terres fortes où s’amarrer pour mieux s’ouvrir.

Et oui, il en est ainsi le débat d’idées, riche, progressiste, libertaire, forgeur de créativité, est allé roder ailleurs et voilà que l’ivraie s’est enracinée dans nos champs de blé. De l’aisance à tondre et à mener les agneaux. L’homme libre est une pierre rare, occupée parmi les vents de ces questionnements dans son jeu d’ombres et de lumières que constituent ses lacets. Gageons qu’il ébroue quelques consciences ! Par bonheur pour moi, sur ton front luit cette liberté.

Ariana Barras

18/02/2017

AU DELA DE L'HOMME

Le courant des décades embarquant les questions essentielles non résolues. Fut un temps, et l’indice de la maturité aidant, le hasard semblait constituer une réponse valable aux interrogations fondamentales de l’existence. Désavouant la notion d’un destin tout puissant. L’œuvre du tout écrit régissant le maillage de nos agissements, et de nos intersections. Néanmoins, une pensée vivante est une pensée circulante. Le dialogue permanent avec soi remet nécessairement en cause les solutions précédemment admises.

Ensuite, l’observation de la nature ne tient pas longtemps face au hasard. Peut-on concevoir que l’horlogerie parfaite du mécanisme humain ne soit qu’aléatoire ? Ce haut lieu de l’agencement absolu, de combinaisons magistrales, de l’apothéose extraordinaire, puise dans un bouillon d’éléments pour les ordonner dans le plus juste des ballets. La création hautement précise incluse dans le microcosme jusqu’au repli le plus reculé de l’univers en est le reflet. Comme les évènements se déroulant dans une parfaite synchronicité sans logique réelle.  

Tout peut laisser supposer l’existence d’un ordre universel. Précurseur derrière la matière ou inscrit en elle à l’état de germe ? Non pas la main d’un créateur mais plutôt une exigence puissante source de cohérence. En cherchant la place de l’homme comme on s’explore soi, mon regard tend à dépasser le réel supposé, à transcender le matériel avec le désir indéniable de rejoindre le spirituel. Appréhender ce grand Mystère dans nos ourlets secrets comme nous concevons l’office d’un Grand Architecte en plein midi. Et puis, je ne peux m’empêcher de considérer les fruits suprêmes nés de notre rencontre comme ceux d’une éclosion au parfum sacré.      

Ariana Barras          

16/02/2017

SERVIR EN CONSCIENCE

« Servir » selon nos valeurs. S’agissant ici d’un engagement s’exprimant délibérément. Sur l’écheveau de la serviabilité, de celui qui met en place à celui qui transmet, chacun insuffle son esprit et sa fécondité à son geste. Du superbe insignifiant au plus remarquable, du répétitif au plus créatif. On pourrait voir l’évocation d’une course sidérale de l’occident à l’orient s’élançant entre servir et s’ouvrir.  

Ainsi, nous appartient-il de donner vie à notre serment à chaque rouage d’une officine au service de tous qui ne nous doit rien, mais dont nous sommes les légitimes gardiens. Humbles comptables pour ceux qui viendront et marcheront dans nos pas et nos sillons. Si la connaissance provient de la réflexion. Ne se dérobant pas à la règle, nos usages s’inscrivent dans la pérennité tout en travaillant aux conceptions écourtées.          

Pourtant là où la vision du devoir élèverait. Force est de constater que dans nos rangs présidant au premier degré, se loge une certaine forme de servilité dans l’acte de donner. Toutefois, même si cette perception est également fonction de notre cartographie personnelle. Néanmoins, encore faut-il porter un regard identique à la dynamique de servir. Pour te rejoindre sur le seuil de la justice avec mon désir de concilier les distances.

La chaine d’union est une immense main invisible qui nous unit. Sachons cultiver notre savoir être sur le dôme de la fraternité. L’aptitude à recevoir requière autant de « noblesse » que celle à donner. En première et dernière lecture, imprimée en moi comme une eau forte, l’image verticale portant ton nom est celle de la dignité cousue à la lisière du tablier.   

Ariana Barras