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14/03/2017

D'UNE INFINIE SIMPLICITE

Sous ce ciel d’un bleu insensé avide de pierres arides, de chaises fendues de fatigue et de vieux moulins désarmés. Dans ce pays de carignan carrossé fut un temps par des hommes forts et fiers et des charrettes foisonnant le raisin de la terre, les villages se mêlent de tous et de tout. Du soleil chaulant les vignes et les sentiers, du nom des fleurs, des oiseaux et des étoiles. Ici se fredonne le charme des bancs usés sous les fenêtres pastorales où s’accrochent les roses éclosent sous le vent et les secrets. Une cour discrète sur laquelle des messagers descendent le soir pour raconter une passion amoureuse dérobée. L’obstination des superstitions et des légendes adossée aux traditions installées autour des fontaines. Les dalles résignées des églises aux chœurs vides et voûtées. Il y a chez nous de quoi ôter tout prétexte à l’obscurité.

Il est six heures, dimanche luit dans les couleurs du levant sur mes pieds nus et ma chemise blanche retroussée. Fredonnant un aria pris entre mes lèvres malhabiles, soulevant de mes mains blanchies, la farine, le sel, la levure et la première eau. Pétrissant et façonnant. Pliant et repliant. Accomplissant ma modeste peine penchée sur mon ouvrage. A cet instant précis je pense au pain patiemment élaboré que je poserai à midi au centre de la table comme si j’en étais le levain. Je pense à la finalité, au partage qui sera fait, à ce moment sacré. A l’évidence du mot « agapé », dont la définition me semble toute entière et résolument saisie dans ces gestes fondés de générosité. Dans l’immense simplicité d’une petite chose qui nous unit. Rappelant la véritable vocation du pain façonné par les mains en résonance avec l'esprit de nos agapes, nourrir chacun au-delà de la chair par le partage, le don de soi et la transmission.    

Ariana Barras   

07/03/2017

ET LE MONDE SE PRECISE

Cette rade définitivement ensablée, est l’endroit où sèche une histoire écumée qui a eu l’auguste idée de désirer mourir. C’est vrai, durant quelques saisons cette bande d’ardoise flanquée mollement dans le sillage de mon vaisseau avait dispersé mes rêves d’aimer.

Mais en moi, les renoncements ne sont jamais qu’un essaimage de doutes, de minces flaques d’eau tout juste endormies refusant de s’ancrer dans un carré de sable gris. Et comment dire au vent de songer au repos ? Chaque matin est un départ d’aube soulevant la foudre blanche de mon amour pour la vie !  

Depuis, de célestes manœuvres se sont hissées au sommet de ma coupole. Tu as dû arriver par quelques tunnels secrets. Amenant avec toi un morceau de ciel et une légion d’étoiles. Même le soir est un orage de clarté. Veilleur du pas discret de l’infime, de l’écorce magistrale du jour, et de la sève des émotions. Guetteur de l’or des voyelles. Passeur de vérité dans un mot griffonné sur le bord d’une nappe ajourée.

Tu es mon port souverain, ma délicieuse résolution.  Le soleil fauve de mes douces lueurs auquel je ne saurais décompter ni les instants de grâce, ni les heures. Laissant sur mes joues colorées de rosée la musique éclusant l’infini. Je veux bien déserter toutes les saisons pour n’enlacer que la tienne !

Ce matin le temps m’a murmurée dans un écho que notre cathédrale avait plus de mille ans ! Lorsque la lumière nous touche, nous sommes une petite liste de mots allumant des feux sur la toiture du monde, s’envolant vers le haut. Deux anges flamboyants se mouvant aux dessus des eaux.   

Ariana Barras

03/03/2017

FAISEURS DE DEROUTE

En résonnance avec toi. Marianne fille éplorée de la République regarde sa mise en berne sans drapeau puisque désormais déposséder de ses siècles de culture expédiés aux oripeaux. Dévorés par l’amertume d’une déconvenue non assumée, le désaveu marqué sur le portrait. La rançon des prélats déchus se paye à taux d’usure comme les emprunts d’états valsent en démesure.

On aurait pu croire que le tumulte au loin venant de l’horizon, était celui de la cavalcade des sabots. Ce ne sont que vacarmes arrangés. Que le bruit des chaînes rompues monterait en récital à la pointe du jour. Que non ! Point de contestation ! Il faudrait être debout pour s’en défaire à coups de bâton ! 

La hiérophanie tient bon le pavé avec sa dictature insidieuse qui selon avance laborieuse dans son entreprise de démolition. Les trottoirs demeurent livrés à un long sillage de chiens pissant sur les réverbères. Et toujours pas de grognards à l’horizon pour aller chercher querelle à l’empereur et à sa horde de suiveurs. C'est vrai qu'il faut se hisser à la pointe de l’indocilité pour aller arracher les gerbes de la liberté.

Je crois que j’ai le cœur en bataille et la page en vers vengeurs !

Ariana Barras  

COMMENTAIRE

Superbe ! Une chant empli de sensibilité. Le mot juste et bien placé. Une sacrée invitation à regarder au-delà des apparences.

Merci à vous Madame.

COMMENTAIRE

Ariana BARRAS,

Le chant et la fleur merveilleuse de ce blog, c’est vous ! Moi j’aime et je vous le dis.