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30/04/2017

L'ETOILE DETACHEE

Entre une cargaison pesante embarquée par les grands fonds, et l’enjeu immense d’une existence postulant à la quiétude. Toutes projections confondues tombaient comme un couperet sur la nuque d’un futur annoncé. Devenue la pierre d’un autel de sacrifice pour le billet quotidien d’une chronique exécrable. Au profit d’une créance qui se paie comptant sur le dos d’une contrainte couplée à une ligne de reddition.

Il y a peu, décomptant les obstacles au centre de cette décision inéluctable, et consciente du frein majeur. J’ai regardé dans son épaisseur redoutée et redoutable, celle de la solitude totale. Sévère, verticale, avec ses recoins du mal. Dans un léger goût d’effroi, j’ai touché le fond de la peur entre deux obscurités. Pour la braver, je crois que j’ai souri en prenant la résolution d’en finir avec l’anathème de l’incurable déroute de cette histoire.  

La pensée claire et nettoyée. Reprenant de la hauteur sur des heures poisseuses qui ne recherchent même plus la précaution de se planquer derrière les portes pour se faire insidieuses. Tombant sur mes épaules comme une averse de tendresse dévalée du haut des tours du monde. La sérénité revient, met ses pas dans les miens.

Envisageant pour demain, la géographie d’un territoire inédit. Plus que jamais je cultive l’art des petits riens bariolés d’instantanés. Tandis que l’aube renouvelle chaque matin l’inauguration des allées de mes belles diversions. Au bord d’une fenêtre ouverte dérobée à l’infini, je me précipite calmement dans l’ouvrage de mes passions avec toi dans l’iris de ma toile de fond.    

Ariana Barras    

26/04/2017

TURBULENCES

Je sais tes eaux versatiles et tes ressacs ombrageux. La violence de tes cataractes entrecoupant l’image superbe d’un arrière-pays à la traîne de feu. J’avance entre jardins byzantins, et coupures au cœur. Quand blessée, délaissée, et ignorée je traverse tes territoires de turbulences parmi cendres et fumées, le ciel se resserre, mes yeux se désolent. Seul me revient la griffe d’un écho solitaire. Je ne trouve que le puits de ton silence, ton vide qui s'abat à découvert.  

Je cherche ta défense contre les ombres qui semblent machiner à ma perte. Ma lassitude parfois chargée comme un rameau courbé au seuil de la rupture. J’entends le pain de ma colère me fouetter au cœur avant de retomber se briser sur un galet de rivière. Le bruit de mes voix se tait dans la clémence et le parfum d’une douceur secrète… Je voudrais être la colombe aux ailes dorées qui unifie tes opposés, l’étreinte de la vague immense qui apaise tes tempêtes.

Devenue le témoin de tes faiblesses, de tes instants fragiles. L’équipière de tes combats chevaleresques, du creux de tes hostilités. Ma main posée sur ta poitrine ne se dérobe pas. Constante et ancrée, je demeure la pierre ferme qui reçoit tes pas. L’argile que tes paumes d’artisan façonnent, et dont chaque courbe et chaque endroit te sont destinés.

Du réveil au sommeil. Tout me conduit à toi. Le vent frémissant, l’eau, le vin et la saveur de la terre. La fulgurance de nos âmes aimantées. L’aurore mouillée de tes baisers, tes bras qui comme un fleuve m’enserre. Tu es celui que j’ai choisi pour dédoubler la vie.

Ariana Barras

20/04/2017

MA CAPITALE SANS MURS

Au-delà de toutes les variantes de nos courbes. Depuis toi, mon monde s’est rempli de feu et de bleu. J’avoue mon adhésion tenace à ma douce subversion. Tu es le pouls de mon insurrection qui se répète comme un éblouissant mouvement. L’inversion de l’ennui d’un hiver transi. Le geôlier qui dépose à mes chevilles des anneaux de jasmin. La feuille parfumée de mon thé blanc. Le frelon dont j’accepte la délicieuse morsure.

Le temps immense de notre récit est une racine acharnée qui cherche l’eau et la vie. Au fil des saisons, les floraisons n’ont pas cessé, ni les rameaux de se multiplier. Feuillage après feuillage, fruit après fruit, notre jardin  impudent qui aura exigé tant de temps se dore de figues et d'amandiers. Tu es ma terre forte et le sel de ma vérité. La glaise dont le travail ne se suspend jamais. La porte d’or à la faste clarté de mon bonheur discret.

Chaque matin j’ai ton visage dans mes yeux de sommeil et sur la toile de l’aube, tandis que le jour circule flambant sur nos coteaux avant de s’effondrer dans une tunique orangée. La nuit qui te connait va jusqu’à récuser l’obscurité en traçant des cercles à la chevelure d’argent sur ton sillage d’explorateur aux sabots ailés. De ciel en ciel, de ciel promis en ciel inouï. Avec l’exactitude céleste, tu es celui qui fait naître mes syllabes, et qui donne à mes souffles la vie.

Ariana Barras  

09/04/2017

SE RESSAISIR DU TEMPS PERDU

Quittant la nuit sans la froisser comme une amante satisfaite de baisers. J’écume l'indigo de la ronde céleste de mes prunelles. Saisissant dans mes bras son plafond panaché d'étoiles. Je me dis que la voilure de la vie est belle. En véritable exaltée, de toutes mes forces je fuis l’ennui qui rode derrière ce joli fracas sidéral. J’entends la course des astres se jouer de la cire de nos vies, et de mon récit guetté par le chardon de l'oubli.

Nous sommes des instrumentistes modelant l’argile et l'eau aux existences fuguant vers une demeure de sable, plus ou moins conscients que seul le peu et le vrai résistent. Nous endiguons si peu de choses avec nos manœuvres d’humains et de glaise. Pourtant, tu retiens mon temps. Contre toi, j’oublie la courbe de l’automne. Tu prends en moi ce que j’ai de meilleur pour en faire un aria en ré majeur.  

Et puis coûte que coûte, j’ai le désir farouche d’aimer la vie. Il faut l’aimer pour qu'elle ne vous déteste pas. Frotter son visage contre la rosée quand l’aurore vient mouiller la terre. Planter ses yeux vivants dans le lustre frémissant. Retenir son souffle comme on retient ses rêves. Il faut l'aimer comme une bête au petit jour prête à passer le guet. L’aimer comme un oiseau transi regardant le monde se vider avec ses yeux de charbons remplis de constance et d’espérance. L’aimer à en découdre encore pour ne jamais cesser de bouleverser l’ordre installé. Demeurer un navigateur paré à attaquer la mer pour en boire jusqu’à la dernière gorgée. Et ne pas cesser de voir nos âmes s’unir par le fond du ciel et par le sommet.

Ariana Barras   

02/04/2017

COMMENTAIRE

« QUE LA MONTAGNE EST BELLE ! » :

La décision de voir la vie dans la collision de l’obscurité et des scintillements transparaît parmi tes revenances infinies. Ton appétence au bonheur s’affute postée à l'affût des palpitations. Pavoisant de préférence insolente, ta lumière s’est joliment irisée sous des milliers de pas accomplis. Tu nous la racontes avec la persévérance et la générosité qui frappe ta poitrine. A l'évidence, et se moquant du sable d'hier, ton automne devenu éblouissant se multiplie !

Ariana