Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

02/06/2017

PARENTHESE HORS DU TEMPS

La jouissance de l’art est une infinie combinaison de sensations inépuisables et renaissantes.  Éprise d'écriture, et de peinture autant que de musique. Dévoreuses comme un feu qui consume, mes passions sont oublieuses de la notion de temps. La musique possède ce mérite quand je joue, le sentiment de l’instant miraculeusement suspendu. Se détachant au-dessus de mes créations, elle est l'écho qui me répond. Ranime et soutient mon inspiration par ses œuvres magistrales érigées en flèches de cathédrales. Entrelace mes méditations, mes pas de cherchant, et de voyageur insatiable.

Rien ne commence ni ne termine sans elle. L’écho naturel de l’eau, les orgues du vent, les variations du chant des oiseaux. Le cri du premier souffle de vie, l’émission d’un son, le préalable à la parole. Tout conduit à la musique. Sur la profondeur de mon silence, je peux passer en boucle des processions de mouvements, de chants sacrés.  Vivre chaque note jouée, entrer dans la profondeur de l’œuvre. Que son univers soit purement symphonique, ou celui de l’opéra soutenu par la puissance absolue de l’orchestre dont l’excellence porte les voix.

La musique suit la course sidérale d’une succession d’émotions. Elle est plus qu’un mouvement, c’est un sentiment, une pensée, une preuve d’exister. Un inventaire opulent de formes et de couleurs surgissant là où ils n’étaient pas attendus. La musique est la langue de tous les hommes. Une aspiration universelle et spirituelle planant comme le verbe au-dessus du chaos.

Ariana Barras

27/05/2017

UN AROME SANS FIN

L’origine de mon désir, celui dont l’amour me consume. Celui que je vois où la vie se tient. Celui que mes mains parcourent comme seule des mains peuvent connaitre un Homme, parce qu’elles disent ton nom véritable et le feu de ton âme. Aucune autre main ne le peut. Parce tu es mon territoire, celui qui éveille mon cœur et mon ventre lorsque le monde est endormi, et quand l’aurore s’écrit. Si le vent te dit que je t’ai oublié, ne le crois surtout pas, il n’est qu’un malandrin jaloux avide d’obscurité. Rien ni personne ne pourrait t’arracher de ma poitrine.

Même dans le plus pénible des déserts, habitant la distance où tu m’as exilée, dans le fleuve blanc de mes nuits cognant à tes volets, depuis ma solitude devenue comme une seconde peau. Tu n’es pas sorti de moi, ni moi de toi. Donne-moi ta passion à pleines mains qu’elle combatte le sol de mes doutes, que chaque pierre me dise ton amour. Murmure-moi un petit nom fait de ton entière tendresse. Chasse le voleur de nos heures qui sangle ma taille d’indifférence, et le châtiment de n’être rien pour toi.

Cesse d’interrompre tes écrits qui préservent la douceur, la hauteur et l’épaisseur du contact avec celle qui... Fais-moi dormir dans tes mots, qu’ils me répètent en eux. Offre-moi ta bouche sur un lit de fleurs comme je t’offre le bouton de mes lèvres. Enlace-moi comme un lierre ignorant mes frontières. Prends racine en moi pour renaitre au monde les yeux fous de lumière. Je te suis dans un acte de sang. Entre le volume bleu et la péninsule de notre horizon de cathédrale de pierres. Notre amour appartient au temps infini, à l’argile qui nous a semés ensemble, et à la terre.  

Ariana Barras  

21/05/2017

DE L’OMERTA A L’OBSCURANTISME

Je rêve de journée sans « journée de…», de journées agissantes et sans le moindre symbole ! Assez de ces pansements encollés dans une chronologie toujours plus pathétique comme de la poudre de riz masquant les véritables maux qu’il ne faut surtout pas nommés au nom du politiquement correct. Rives et dérives de l’omerta. Moins contrariée par les faibles d’esprits qui s’en laissent conter, et qui soumis chaque matin par les médias à un goutte à goutte d’inepties grandioses peine à penser comme à ceux qui s’autocensurent sous la pression ; que par d’autres exerçant en particulier sous la bannière d’associations sinistrement encartées, mais gardiennes de la « bien-pensance », puisque soit disant défenseures des droits de l’homme.

Une bien-pensance servit par une légion de terroristes de la pensée prêts à brandir une contre-attaque bien rodée, qui lorsque tombe une dénonciation « dérangeante », lui flanque une origine nécessairement xénophobe. Il faut fatalement détourner les faits par une sémantique du déni, mépriser les victimes de maux bien réels pour ne pas toucher à l’intouchable impératif multiculturaliste. Le visage du fascisme sévit confortablement là où fut un temps, il était improbable de le trouver.

Ses pires pourvoyeuses étant les féministes moribondes bataillant pour chasser la trace du genre dans les jouets des œufs Kinder, et dont les combats s’arrêtent par lâcheté là où elles pourraient être targuées de discrimination ethnique et cultuelle, en dénonçant des actes purement sexistes car reposant sur des pratiques archaïques. Avec ces compromissions, ces reculs, et ces accommodements inacceptables, l’obscurantisme de masse s’est réinstallé au pays des Lumières, qui au nom des droits de l’homme relativise tout ce qui porte préjudice à la dignité des autres aux bénéfices de certains.

Ariana Barras   

19/05/2017

LES VENTS DE LA VIE

Au nom de ma liberté intérieure, autant que notre condition humaine nous accomplisse pour faire de nous des affranchis. Je me suis donnée totalement, sans condition, sans calcul, ni même avec l’espérance d’être aimée. Seul autel permettant de tout offrir sans stratégies de pouvoir sur l’autre, manipulations sentimentales, ou combats inutiles et ravageurs. Aimer ne s’inscrit pas dans le registre des obligations, ni ne se maintient sur le socle de l’ignorance de l’autre, et dans l’absence persistante des mots qui le construisent, l’élèvent, le subliment et le cimentent.

Il s’énonce naturellement dans une correspondance amoureuse, fiévreuse, monstre, inévitable. Porté par une composition renouvelée, particulière, destinée clairement à l’autre. Façonnée sans économie de matière comme un ouvrage travaillé par la main d’un sculpteur. En ciselant mes mots pour toi, je peux pressentir ton souffle tombant contre eux, la joie cédant dans ton sourire, ton visage éclairé de lumière. Dans ton cœur fortifié d’amour, au-delà de l’enthousiasme, la force et la vie, le sacre de David, l’infini.  

Chaque matin se lève vers toi, avec sur ce dernier quart mon ardeur clouée contre ton absence sur la toile tendue de ton silence de plomb, méprisant, et aujourd’hui sur ton cynisme délectable. Mais la terre poudreuse efface ces derniers jours de maladresses, la paix revient dans la pureté d’une goutte d’eau. Tu es ma soif et ma faim. Comme un printemps profond circulant dans mon sang. Une racine aux germinations célestes. Comme le fleuve rapide de ton feu qui court entre mes seins. L’étreinte de la terre qui m’attend. Je porte en moi notre conversation inachevée comme nos deux âmes unis au-delà de la distance et du temps.

Ariana Barras

14/05/2017

REQUIEM POUR UNE ILLUMINEE

Sous le carrousel, la liberté de Delacroix, Les noces de Cana, mais aussi le Radeau de la méduse, et Le tricheur à l'as de carreaux... Cependant nous sommes à l'opposé d'un épisode sacré où les jarres d'eau se changent en vin. Mais à ras de terre dans le profane, où celui de l'or de la patrie se change en plomb. Aujourd'hui se parachève l'apothéose en papier glacé de l'empereur au pied d’argile, avec l'emprunt sacrilège et décomplexé à Don Giovanni des " nouvelles conquêtes remplissant son carnet " !  

Il est vrai que tout l'art d'une fresque est de prolonger l'espace. Pour cela, elle doit être hors sol ! Puis garder à l’esprit que « le privilège des (vrais comme des faux) grands, c’est de voir les catastrophes d’une terrasse ». Néanmoins, l'ironie du chantre ne change guère son galimatias linguistique et singulièrement mystique. La nouvelle " Belle époque " danse bien sur les versants d'un volcan. Le bal des laquais a débuté avec toutes ces bonnes vieilles recettes implacables enracinées dans un immense désert de convictions.

Les bouffis d'arrogance et d'ambition en herbe s’additionnent aux petits personnages locaux pompeusement satisfaits d’eux-mêmes, et à celle non moins glorieuse liste des irréductibles patentés à vie du pouvoir. Les lèvres mouillées à la pensée d’une fonction honorifique, et d’un morceau d’étoffe tricolore. Fâcheusement les mêmes séduits par un cordon doré sous la voûte étoilée, exhortant à l’élévation de l’humanité tout en exhibant leurs pâles défections.

S’il est entendu que nous ne sommes que des hommes, alors il est bon de s’essorer la conscience avec nos modestes instruments pour se rappeler les remarquables valeurs censées nous animer. Comment prétendre changer le monde avec des masques, et des codes inacceptables ? Comment prétendre changer le monde s’en s’être soi-même dépouillé ?

Ariana Barras