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07/07/2017

POUR LE PEU ET L'IMMENSE

Décrire les thèmes éternels qui possèdent l’homme. L’humble quotidien flanqué d’objets, de rites et de labeur. Les constructions humaines, les rencontres fraternelles, le déchainement élémentaire de la misère trouvent ici leurs mots. Le jour glacé des endeuillés qui tombe avec sa rectitude d’argent sous le regard de la lune antique quand un F. nous quittent… Cependant que l’ombre usée déserte le plus petit ourlet dans cette contrée que pillent les rayons, la clarté s’abat solide et blanche à l’aplomb de nos instances.

Rues et ruelles se taisent. Mouvements de la raison et des hommes s’apaisent. Les contrastes des Êtres se déclarent et se résolvent. Doucement l’intelligence consume les résistances. La plénitude et la transparence de la pensée attendrissent l’âcre et la dureté des pierres dans un fleur à fleur avec la terre. Le paysage se fend d’une infinie subtilité comme la pluie légère d’une conscience innocente sur le seuil de nos inadvertances. Parfois, il y a des correspondances entre soi et le vaste qui s’étale. Une résonance entre ces deux images qui raconte tout ce qui fait le monde. L’air se trempe d’une tendresse générale. Monte vers ceux qui l’attendent.

Tout semble comme hier. Comme le sont les choses éternelles. L’invisible et l’insondable Grand Mystère. Les cohortes de cherchants solitaires cheminant sans limites vers la connaissance. Le chant des hommes cloués à la terre qui cherchent le salut. Moi qui conforte mes  perceptions, force ma pensée, puis reconsidère mon tracé. Au sommet de mon petit territoire flambe toute une vie de persévérance tendue vers la qualité de mon ouvrage et l’art de le pérenniser. Sans doute pour suivre encore un peu ma trace sur le sable, et retrouver encore ton âme, ta poitrine, et ta bouche si remarquablement consacrée au verbe et au feu de mes baisers.

Ariana Barras  

21/06/2017

LE FEU QUI SE REPETE

Avec tes rimes pures suspendues comme des lacs d’eau. Avec tout le pain de tes mots, ceux écrits en hauteur et en épaisseur, et ceux écrits au secret de ton cœur, au petit jour, tu m’as fait reine de ta chair, et princesse de tes os. Artisans couturiers de nos billets, nous possédons le modeste et merveilleux exercice de faire rejoindre nos fleuves en déchirant la distance comme un feuillet. A cause de tout, de nous, de l'instant présent, de demain, et de bien plus loin.  

Contre ta poitrine, le temps solde ses comptes, se suspend, s’éternise, se détache de la grande horloge balançant son arrogance. Inestimable trésor dominant toutes mes pensées. Je m’endors sur ton nom en foulant les eaux dormantes du sommeil comme on foule du raisin mûr. Chaque matin est un début de concert permanent. Le roulement d’une petite pluie. La bataille des fleurs dans le battement des pétales mouillées. Les ilots de pierres de nos Corbières dressées comme les ombres vespérales des cohortes romaines. Les chemins courant comme de jeunes rois entre vignes et genets.

De mes yeux de nuit à mes yeux de jour, tout me ramène vers le miel lourd assiégeant le fond du ciel et le jus sucré de nos baisers. J’écoute le petit bruit de mon existence qui te devine et celui de ton souffle au bord de tes lèvres, la chaleur fraîche de tes bras étreignant ma taille comme un fruit, mes hanches de lune où tes doigts s’enracinent. Avec cette sorte d’interdiction inépuisable de m’en détacher. Il nous tombe tous les parfums du monde d’une charpente d’or et de cédrat. Comme une manière de tendresse, la voûte verse doucement sur nous son puits d’éternité. Notre chapelle en feu renverse le soir comme une église réveillée. Tu es là à me tendre la vie. Avec mon amour qui n’a de cesse et le tien qui te consume. Explorateur de mes frontières auquel j’ouvre à jamais l’infini qui t’es destiné.

Ariana Barras

02/06/2017

PARENTHESE HORS DU TEMPS

La jouissance de l’art est une infinie combinaison de sensations inépuisables et renaissantes.  Éprise d'écriture, et de peinture autant que de musique. Dévoreuses comme un feu qui consume, mes passions sont oublieuses de la notion de temps. La musique possède ce mérite quand je joue, le sentiment de l’instant miraculeusement suspendu. Se détachant au-dessus de mes créations, elle est l'écho qui me répond. Ranime et soutient mon inspiration par ses œuvres magistrales érigées en flèches de cathédrales. Entrelace mes méditations, mes pas de cherchant, et de voyageur insatiable.

Rien ne commence ni ne termine sans elle. L’écho naturel de l’eau, les orgues du vent, les variations du chant des oiseaux. Le cri du premier souffle de vie, l’émission d’un son, le préalable à la parole. Tout conduit à la musique. Sur la profondeur de mon silence, je peux passer en boucle des processions de mouvements, de chants sacrés.  Vivre chaque note jouée, entrer dans la profondeur de l’œuvre. Que son univers soit purement symphonique, ou celui de l’opéra soutenu par la puissance absolue de l’orchestre dont l’excellence porte les voix.

La musique suit la course sidérale d’une succession d’émotions. Elle est plus qu’un mouvement, c’est un sentiment, une pensée, une preuve d’exister. Un inventaire opulent de formes et de couleurs surgissant là où ils n’étaient pas attendus. La musique est la langue de tous les hommes. Une aspiration universelle et spirituelle planant comme le verbe au-dessus du chaos.

Ariana Barras

27/05/2017

UN AROME SANS FIN

L’origine de mon désir, celui dont l’amour me consume. Celui que je vois où la vie se tient. Celui que mes mains parcourent comme seule des mains peuvent connaitre un Homme, parce qu’elles disent ton nom véritable et le feu de ton âme. Aucune autre main ne le peut. Parce tu es mon territoire, celui qui éveille mon cœur et mon ventre lorsque le monde est endormi, et quand l’aurore s’écrit. Si le vent te dit que je t’ai oublié, ne le crois surtout pas, il n’est qu’un malandrin jaloux avide d’obscurité. Rien ni personne ne pourrait t’arracher de ma poitrine.

Même dans le plus pénible des déserts, habitant la distance où tu m’as exilée, dans le fleuve blanc de mes nuits cognant à tes volets, depuis ma solitude devenue comme une seconde peau. Tu n’es pas sorti de moi, ni moi de toi. Donne-moi ta passion à pleines mains qu’elle combatte le sol de mes doutes, que chaque pierre me dise ton amour. Murmure-moi un petit nom fait de ton entière tendresse. Chasse le voleur de nos heures qui sangle ma taille d’indifférence, et le châtiment de n’être rien pour toi.

Cesse d’interrompre tes écrits qui préservent la douceur, la hauteur et l’épaisseur du contact avec celle qui... Fais-moi dormir dans tes mots, qu’ils me répètent en eux. Offre-moi ta bouche sur un lit de fleurs comme je t’offre le bouton de mes lèvres. Enlace-moi comme un lierre ignorant mes frontières. Prends racine en moi pour renaitre au monde les yeux fous de lumière. Je te suis dans un acte de sang. Entre le volume bleu et la péninsule de notre horizon de cathédrale de pierres. Notre amour appartient au temps infini, à l’argile qui nous a semés ensemble, et à la terre.  

Ariana Barras  

21/05/2017

DE L’OMERTA A L’OBSCURANTISME

Je rêve de journée sans « journée de…», de journées agissantes et sans le moindre symbole ! Assez de ces pansements encollés dans une chronologie toujours plus pathétique comme de la poudre de riz masquant les véritables maux qu’il ne faut surtout pas nommés au nom du politiquement correct. Rives et dérives de l’omerta. Moins contrariée par les faibles d’esprits qui s’en laissent conter, et qui soumis chaque matin par les médias à un goutte à goutte d’inepties grandioses peine à penser comme à ceux qui s’autocensurent sous la pression ; que par d’autres exerçant en particulier sous la bannière d’associations sinistrement encartées, mais gardiennes de la « bien-pensance », puisque soit disant défenseures des droits de l’homme.

Une bien-pensance servit par une légion de terroristes de la pensée prêts à brandir une contre-attaque bien rodée, qui lorsque tombe une dénonciation « dérangeante », lui flanque une origine nécessairement xénophobe. Il faut fatalement détourner les faits par une sémantique du déni, mépriser les victimes de maux bien réels pour ne pas toucher à l’intouchable impératif multiculturaliste. Le visage du fascisme sévit confortablement là où fut un temps, il était improbable de le trouver.

Ses pires pourvoyeuses étant les féministes moribondes bataillant pour chasser la trace du genre dans les jouets des œufs Kinder, et dont les combats s’arrêtent par lâcheté là où elles pourraient être targuées de discrimination ethnique et cultuelle, en dénonçant des actes purement sexistes car reposant sur des pratiques archaïques. Avec ces compromissions, ces reculs, et ces accommodements inacceptables, l’obscurantisme de masse s’est réinstallé au pays des Lumières, qui au nom des droits de l’homme relativise tout ce qui porte préjudice à la dignité des autres aux bénéfices de certains.

Ariana Barras