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11/08/2017

NOTES MAJEURES

Le crépuscule abat le chapelet de ses heures vaines, le fuseau de son mal sauvage et silencieux. Ses recoins insondables où le cadran s’éteint inachevé sans jamais pouvoir t’aimer. La nuit est faite de nombreuses nuits, et de sommeils de lune. Du fond de ces songes clos, le matin revient dans un mouvement de lys. La clarté tombe droite et verticale, ruisselle doucement avec nos baisers voyageurs comme une étoile qui dévale.

Que veux-tu que je fasse ? Géographe étonnée, je célèbre le chemin du destin pas après pas. Mes pas qui égrènent l’épaisseur terrestre, le murmure tranquille des pierres, où les sentiers modestes et victorieux tant parcourus délivrent encore leurs secrets. J’avance avec ma conversation interminable creusée comme un puits d’éternité. Je me désaltère du vent et de la pluie, de l’air qui frémit. Ancrée dans la vie, dans une parole qui éclaire, dans l’art qui nourrit, dans la grâce qui me dérobe à la terre, dans ton sourire, dans l’éclat de nos rires. En moi, tu ne cesses d'aller et venir.

Le parfum du ravissement murit l’horizon comme un oiseau de feu. Il y a là tant d’eaux célestes et de brûlures. Jusqu’au point du jour, je trace ta géographie des doigts de l’amour. Au creux des forges de tes mains tournent mes hanches opalines. Fleuves de lait et de rosée, petit monde de collines, de vallées et de rivières labourés par ton corps. Je vis dans l’atlas de ton port, dans la terre que tu es, comme une fleur nocturne c’est avec toi que je m’endors.

Ariana Barras    

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