Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

19/05/2017

LES VENTS DE LA VIE

Au nom de ma liberté intérieure, autant que notre condition humaine nous accomplisse pour faire de nous des affranchis. Je me suis donnée totalement, sans condition, sans calcul, ni même avec l’espérance d’être aimée. Seul autel permettant de tout offrir sans stratégies de pouvoir sur l’autre, manipulations sentimentales, ou combats inutiles et ravageurs. Aimer ne s’inscrit pas dans le registre des obligations, ni ne se maintient sur le socle de l’ignorance de l’autre, et dans l’absence persistante des mots qui le construisent, l’élèvent, le subliment et le cimentent.

Il s’énonce naturellement dans une correspondance amoureuse, fiévreuse, monstre, inévitable. Porté par une composition renouvelée, particulière, destinée clairement à l’autre. Façonnée sans économie de matière comme un ouvrage travaillé par la main d’un sculpteur. En ciselant mes mots pour toi, je peux pressentir ton souffle tombant contre eux, la joie cédant dans ton sourire, ton visage éclairé de lumière. Dans ton cœur fortifié d’amour, au-delà de l’enthousiasme, la force et la vie, le sacre de David, l’infini.  

Chaque matin se lève vers toi, avec sur ce dernier quart mon ardeur clouée contre ton absence sur la toile tendue de ton silence de plomb, méprisant, et aujourd’hui sur ton cynisme délectable. Mais la terre poudreuse efface ces derniers jours de maladresses, la paix revient dans la pureté d’une goutte d’eau. Tu es ma soif et ma faim. Comme un printemps profond circulant dans mon sang. Une racine aux germinations célestes. Comme le fleuve rapide de ton feu qui court entre mes seins. L’étreinte de la terre qui m’attend. Je porte en moi notre conversation inachevée comme nos deux âmes unis au-delà de la distance et du temps.

Ariana Barras

Les commentaires sont fermés.