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20/04/2017

MA CAPITALE SANS MURS

Au-delà de toutes les variantes de nos courbes. Depuis toi, mon monde s’est rempli de feu et de bleu. J’avoue mon adhésion tenace à ma douce subversion. Tu es le pouls de mon insurrection qui se répète comme un éblouissant mouvement. L’inversion de l’ennui d’un hiver transi. Le geôlier qui dépose à mes chevilles des anneaux de jasmin. La feuille parfumée de mon thé blanc. Le frelon dont j’accepte la délicieuse morsure.

Le temps immense de notre récit est une racine acharnée qui cherche l’eau et la vie. Au fil des saisons, les floraisons n’ont pas cessé, ni les rameaux de se multiplier. Feuillage après feuillage, fruit après fruit, notre jardin  impudent qui aura exigé tant de temps se dore de figues et d'amandiers. Tu es ma terre forte et le sel de ma vérité. La glaise dont le travail ne se suspend jamais. La porte d’or à la faste clarté de mon bonheur discret.

Chaque matin j’ai ton visage dans mes yeux de sommeil et sur la toile de l’aube, tandis que le jour circule flambant sur nos coteaux avant de s’effondrer dans une tunique orangée. La nuit qui te connait va jusqu’à récuser l’obscurité en traçant des cercles à la chevelure d’argent sur ton sillage d’explorateur aux sabots ailés. De ciel en ciel, de ciel promis en ciel inouï. Avec l’exactitude céleste, tu es celui qui fait naître mes syllabes, et qui donne à mes souffles la vie.

Ariana Barras  

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