Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

07/03/2017

ET LE MONDE SE PRECISE

Cette rade définitivement ensablée, est l’endroit où sèche une histoire écumée qui a eu l’auguste idée de désirer mourir. C’est vrai, durant quelques saisons cette bande d’ardoise flanquée mollement dans le sillage de mon vaisseau avait dispersé mes rêves d’aimer.

Mais en moi, les renoncements ne sont jamais qu’un essaimage de doutes, de minces flaques d’eau tout juste endormies refusant de s’ancrer dans un carré de sable gris. Et comment dire au vent de songer au repos ? Chaque matin est un départ d’aube soulevant la foudre blanche de mon amour pour la vie !  

Depuis, de célestes manœuvres se sont hissées au sommet de ma coupole. Tu as dû arriver par quelques tunnels secrets. Amenant avec toi un morceau de ciel et une légion d’étoiles. Même le soir est un orage de clarté. Veilleur du pas discret de l’infime, de l’écorce magistrale du jour, et de la sève des émotions. Guetteur de l’or des voyelles. Passeur de vérité dans un mot griffonné sur le bord d’une nappe ajourée.

Tu es mon port souverain, ma délicieuse résolution.  Le soleil fauve de mes douces lueurs auquel je ne saurais décompter ni les instants de grâce, ni les heures. Laissant sur mes joues colorées de rosée la musique éclusant l’infini. Je veux bien déserter toutes les saisons pour n’enlacer que la tienne !

Ce matin le temps m’a murmurée dans un écho que notre cathédrale avait plus de mille ans ! Lorsque la lumière nous touche, nous sommes une petite liste de mots allumant des feux sur la toiture du monde, s’envolant vers le haut. Deux anges flamboyants se mouvant aux dessus des eaux.   

Ariana Barras

Les commentaires sont fermés.