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25/12/2016

POUSSIERES D'ETOILES

Ne sais-tu pas qu’il en est de la vie comme il en est des Êtres ? Pour prétendre « aimer », il faut en aimer aussi les aspérités. C’est ainsi que j’ai appris à aimer la vie, en prenant d’elle toutes ces heures à la fois et non pas seulement ces soleils. Le manteau de pénitent m’a paru parfois très lourd, tellement injuste dans mon cœur d’enfant et de femme tant de fois bleui.

Néanmoins la souffrance demeure un révélateur de connaissance de soi et de vérités intimes. Et ces sentiers si peu carrossables m’ont divulgués toutes mes richesses que je vois briller comme un petit jardin d’étoiles. Inlassablement émerveillée de mes forces, de mon désir de vivre toujours supérieur à la volonté que les autres ont eu à m’anéantir !

J’ai appris à jouir de l’instant comme peu, des cailloux blancs insignifiants semés dans mes allées comme des résidus de lumière. Consciente que la vie se tient à ma fenêtre quand je m’endors, préparant tous ses fruits, ses silences délectables, ses buissons d’oiseaux. Quel que soit sa parure, je reste en haleine devant elle, prête à saisir ses trésors comme une voyageuse passionnée s’emploie à prendre le bonheur en otage. Tout comme j’accepte ton geste attentionné. Saurais-je être insensible aux fleurs du bien ?

Alors je t’offre pour quelques instants de voir la féerie de Noël se fermer avec mes yeux. Cette nuit déjà avancée orange et noire où tout se mêle et se reprend, ravivant les courbes amoureuses de la lune et la foudre merveilleuse de ses reflets comme la plus belle des eaux renversée sur les cimes blanches et la nudité de la terre, on croirait presque un ciel de tendresse s’écoulant sur nos joues.

Ariana Barras

22/12/2016

LA COURBE DE NOS SAISONS

Pour jouer en harmonie, il faut jouer à quatre mains, « l’entendu et l’émis ». Ces échos que j’ai manqués d’émettre et qui ont tant fait défaut à notre histoire. Récemment je me suis fait le serment de ne plus m’y dérober. En consacrant ta si belle énergie à fuir cette passion non désirée, tu as peu à peu terni puis détruit l’éclat de nos échanges en réduisant notre horizon à cette grisaille qui m’a tant pesée! A trop vouloir anéantir une histoire, on finit par la tordre jusqu’à la distordre. Néanmoins la chose biscornue n’est qu’une image projetée sur notre romance qui ne défalque rien à sa véritable substance ! Cependant soumise à ce pénible climat, je conviens t’avoir « mal » aimé. Loin du désarmant dessein que j’avais esquissé. User de sagesse et d’intelligence pour se préserver des discordes et des notes monocordes, se livrer au partage d’émotions intenses, s’abandonner au plaisir, retarder les heures en se donnant le meilleur afin de mystifier tout ce que la vie nous reprend inexorablement.

On ne replante pas une existence, mais mon appétence pour la vie a retrouvé l’éloquence d’une poésie prenant les embruns. Alors comme tout artiste animé par le désir de créer et de se recréer, mon regard s’embarque bien en deçà de ma toile vers de nouveaux territoires, que j’envisage et dévisage au seuil de l’indécence de l’aube comme la douce mélodie de l’inconnue. L’ombre bleue d’une mésange, un grain de raisin, ce qu’il faut de déraison, une nuit blanche, l’inexplicable beauté du monde. Il y a toujours des épis de blé prêts à se lever pour celui qui survit et il m’en faut peut pour banqueter !

Ariana Barras  

18/12/2016

LE TEMPS DES MOISSONS

Encore une bouteille à la mer... Là où j'expose les dommages subis par la lame de ta dague. Tu lis mes silences comme une contrainte que je me serais imposée comme s’ils relevaient du registre des actes délibérés. Mais à présent peu m’importe, mon intention reste belle et rien de saurait l’entamer ! Pour aller plus loin, en déposant à tes pieds la reconnaissance de mes défaillances, je n'ai pas simplement posé la besace de nos carences réciproques que je n'ai plus aucune raison de porter.

En admettant ma vulnérabilité face à la douleur, j'ai acté mes manquements pour les utiliser et me faire le serment de les combattre coûte que coûte ! Prendre conscience de ses imperfections est le premier palier, les avouer en est un autre, quant au dernier il passe par la volonté de ne pas les reproduire et celui-ci nécessite un bon coup de maillet ! Et étonnement il a été fabuleusement indolore, et pour cause je ne nourrissais déjà plus le tissu de ma faiblesse.

N'ayant pas un goût naturel pour l'obscurité, je n'ai eu ni la complaisance ni même le désir de m'étaler avec elle dans un long fleuve hivernal en éclusant ses eaux saumâtres. Pour laisser place à la joie de vivre qui me caractérise et t’annoncer qu’elle est bien là à renaître avec un grain de gourmandise, vivante comme moi et même plus qu'avant !

Voici ce dimanche éclairé comme un trésor vidé de son hiver portant en lui la vraie flamme de notre St Jean, la superbe lumière de ma renaissance ! Prends ce triomphe avec moi comme une belle récolte, celle du bon grain sur l’ivraie que je t’offre à partager pour te donner autant de force que tu peux le désirer. Car désormais pour fermer décembre et ouvrir janvier je n’ai que cela à te donner si ta fenêtre est encore ouverte ? L’éclat de ma joie, ma douceur infinie et tout le mordant rougeoyant de la vie !

Ariana Barras

DETTES D'AMOUR

A déversant en moi ta rosée à la cadence d’une pluie fine et effrontée tamisée d’étoiles. Tu as fait de mon âme ton creuset dès l’aube de notre histoire et pour ne jamais plus cesser. Rien ne se perd de toi, tout me parvient comme un petit infini qui s’écrit au cœur de notre manuscrit de l’enfance du matin à la roseraie du soir.  

Et si je ne m’étais égarée à vaincre la sonorité de mes doutes éclos des heures sombres de ta peur d’aimer, en livrant un combat émaillé de maladresse consistant à vociférer mes sentiments jusqu’à la lie. Sans jamais faillir, j’aurais enchanté tes aurores par la foison de mes résonances à tous tes soleils pourpres descendus de l’estuaire des astres. Pour ne jamais te faire connaître la souffrance saillante d’avoir pris trop peu de temps pour dire que les frontières de ton amour se perdaient sous le toit du monde. Te dire son or visible des celliers célestes, par ces rayons élancés, de douceur, d’éclat, de tendresse, et de joie.

Et pire, j’aurais voulu ne jamais t’exposer aux silences de mes absences nés de nos ruptures en te privant de mes mots ! Mais voilà, perdre l’Ecriture est mon petit drame. Une perte entière des mots proclamant sans éclat la façon dont la fracture de soi se poursuit à fond de cale pour tout dévaster comme une faille de métal glacé jusqu’à fissurer la plume. Et savoir que une à une toutes ces choses vont vers le silence. Les écrits pris dans la glace sous le poids écrasant de l'accablement, le mouvement qui se perd, et tout ce qui se fige en toi et te quitte comme la vie devenue subitement infidèle.  

Bien qu’ayant entendu les énoncés de mes insuffisances. Tes déceptions sont néanmoins demeurées comme autant d’appels auxquels j’ai concédé peu de réponses, et comme autant de récidives saisies dans ma pénitence. Avouer l’impuissance des mots à parfois me soigner, c’est difficile de l’évoquer, c’est comme exposer une maladie. Mais tu sais bien que par pudeur et par douleur on hésite toujours à se déshabiller.     

Ariana Barras  

14/12/2016

LA CENTAINE D'IMAGES

D’or et d’argent que tu as gravés comme un compagnon signe sa pierre taillée, l’éclat de notre livre porte une senteur d’encens, de cire et de fleurs blanches. Et le souffle de l’air psalmodie tes vers comme un  missionnaire lance des prières en effeuillant nos pages. 

A l’intérieur ta voix remplie l’espace comme les couleurs croulent du ciel. Ton amour semblable à un fruit gonflé jaillissant de la terre. Renfermant précieusement le fleuve de ta passion descendant en phénix du haut des tours du monde. Les veines du temps courent sur les siècles comme la fureur de l’eau de tes baisers où tout éclate. La vérité de deux amants unis dans le don de la nuit.

Je voudrais me faire geôlier du temps pour qu’il nous donne des milliers d’instants, et que la vie fleurisse au bord de ta bouche.

Viser l’horizon au sextant et faire cap vers la terre de feu, et partir aux confins du premier du jour du monde.

Pour écrire à l’ombre de mes tableaux, et jeter des ponts suspendus entre les astres et le cristal des rivières.

Pour que bruisse le vent sur le dos argent des océans, et que la voie lactée flamboie autour de nos yeux. 

Pour que s’éclipse la misère sur les deux hémisphères, que la gloire et la joie de l’homme soit légale et que tu restes l’équerre de ma lumière. 

Pour que les orages vident le ciel à grand fracas en s’assommant sur les tuiles usées de nos villages, et que plus rien ne me sépare jamais de ton visage.

Ariana Barras