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25/12/2016

POUSSIERES D'ETOILES

Ne sais-tu pas qu’il en est de la vie comme il en est des Êtres ? Pour prétendre « aimer », il faut en aimer aussi les aspérités. C’est ainsi que j’ai appris à aimer la vie, en prenant d’elle toutes ces heures à la fois et non pas seulement ces soleils. Le manteau de pénitent m’a paru parfois très lourd, tellement injuste dans mon cœur d’enfant et de femme tant de fois bleui.

Néanmoins la souffrance demeure un révélateur de connaissance de soi et de vérités intimes. Et ces sentiers si peu carrossables m’ont divulgués toutes mes richesses que je vois briller comme un petit jardin d’étoiles. Inlassablement émerveillée de mes forces, de mon désir de vivre toujours supérieur à la volonté que les autres ont eu à m’anéantir !

J’ai appris à jouir de l’instant comme peu, des cailloux blancs insignifiants semés dans mes allées comme des résidus de lumière. Consciente que la vie se tient à ma fenêtre quand je m’endors, préparant tous ses fruits, ses silences délectables, ses buissons d’oiseaux. Quel que soit sa parure, je reste en haleine devant elle, prête à saisir ses trésors comme une voyageuse passionnée s’emploie à prendre le bonheur en otage. Tout comme j’accepte ton geste attentionné. Saurais-je être insensible aux fleurs du bien ?

Alors je t’offre pour quelques instants de voir la féerie de Noël se fermer avec mes yeux. Cette nuit déjà avancée orange et noire où tout se mêle et se reprend, ravivant les courbes amoureuses de la lune et la foudre merveilleuse de ses reflets comme la plus belle des eaux renversée sur les cimes blanches et la nudité de la terre, on croirait presque un ciel de tendresse s’écoulant sur nos joues.

Ariana Barras

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