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18/12/2016

DETTES D'AMOUR

A déversant en moi ta rosée à la cadence d’une pluie fine et effrontée tamisée d’étoiles. Tu as fait de mon âme ton creuset dès l’aube de notre histoire et pour ne jamais plus cesser. Rien ne se perd de toi, tout me parvient comme un petit infini qui s’écrit au cœur de notre manuscrit de l’enfance du matin à la roseraie du soir.  

Et si je ne m’étais égarée à vaincre la sonorité de mes doutes éclos des heures sombres de ta peur d’aimer, en livrant un combat émaillé de maladresse consistant à vociférer mes sentiments jusqu’à la lie. Sans jamais faillir, j’aurais enchanté tes aurores par la foison de mes résonances à tous tes soleils pourpres descendus de l’estuaire des astres. Pour ne jamais te faire connaître la souffrance saillante d’avoir pris trop peu de temps pour dire que les frontières de ton amour se perdaient sous le toit du monde. Te dire son or visible des celliers célestes, par ces rayons élancés, de douceur, d’éclat, de tendresse, et de joie.

Et pire, j’aurais voulu ne jamais t’exposer aux silences de mes absences nés de nos ruptures en te privant de mes mots ! Mais voilà, perdre l’Ecriture est mon petit drame. Une perte entière des mots proclamant sans éclat la façon dont la fracture de soi se poursuit à fond de cale pour tout dévaster comme une faille de métal glacé jusqu’à fissurer la plume. Et savoir que une à une toutes ces choses vont vers le silence. Les écrits pris dans la glace sous le poids écrasant de l'accablement, le mouvement qui se perd, et tout ce qui se fige en toi et te quitte comme la vie devenue subitement infidèle.  

Bien qu’ayant entendu les énoncés de mes insuffisances. Tes déceptions sont néanmoins demeurées comme autant d’appels auxquels j’ai concédé peu de réponses, et comme autant de récidives saisies dans ma pénitence. Avouer l’impuissance des mots à parfois me soigner, c’est difficile de l’évoquer, c’est comme exposer une maladie. Mais tu sais bien que par pudeur et par douleur on hésite toujours à se déshabiller.     

Ariana Barras  

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