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14/12/2016

LA CENTAINE D'IMAGES

D’or et d’argent que tu as gravés comme un compagnon signe sa pierre taillée, l’éclat de notre livre porte une senteur d’encens, de cire et de fleurs blanches. Et le souffle de l’air psalmodie tes vers comme un  missionnaire lance des prières en effeuillant nos pages. 

A l’intérieur ta voix remplie l’espace comme les couleurs croulent du ciel. Ton amour semblable à un fruit gonflé jaillissant de la terre. Renfermant précieusement le fleuve de ta passion descendant en phénix du haut des tours du monde. Les veines du temps courent sur les siècles comme la fureur de l’eau de tes baisers où tout éclate. La vérité de deux amants unis dans le don de la nuit.

Je voudrais me faire geôlier du temps pour qu’il nous donne des milliers d’instants, et que la vie fleurisse au bord de ta bouche.

Viser l’horizon au sextant et faire cap vers la terre de feu, et partir aux confins du premier du jour du monde.

Pour écrire à l’ombre de mes tableaux, et jeter des ponts suspendus entre les astres et le cristal des rivières.

Pour que bruisse le vent sur le dos argent des océans, et que la voie lactée flamboie autour de nos yeux. 

Pour que s’éclipse la misère sur les deux hémisphères, que la gloire et la joie de l’homme soit légale et que tu restes l’équerre de ma lumière. 

Pour que les orages vident le ciel à grand fracas en s’assommant sur les tuiles usées de nos villages, et que plus rien ne me sépare jamais de ton visage.

Ariana Barras

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