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29/11/2016

LA CHUTE DU CIEL

Les heures s’écoulent en vrac dans le ressac des nuages, les arbres agitent leurs branches pour ébrouer ce qui leur reste de vie. Et dans les hauteurs, l’iris de l’univers pleure sous ma paupière, la nuit vacille et tremble derrière ce rideau de pluie. Le ciel brille d’une lumière froide, la rue sous la lune au fil de l’eau lente semble si irréelle, j’entrevois l’image refroidie des cendres de mes ailes.

Du fond vaste de l’horizon j’entends ta voix comme une douce illusion. Je voudrais traverser les Andes avec toi, travailler à un nouveau monde. Remplir des manuscrits sur des mosaïques d’or. L’étoile de l’Orient parait plus prodigieuse à chaque pas. J’essaye d’écrire, mes mots tombent du ciel comme des anges déchus, leurs os craquent contre le sol, tout n'est que brûlure. 

Ariana Barras

18/11/2016

LA ROSEE DES ETOILES

A croire que l’énergie qui propulse les astres et les étoiles est aussi celle qui meut la créativité, trouvant inlassablement son passage comme l’eau s’écoulant de la voie lactée en réponse à cette impulsion vitale... Créer parce que l’on ne peut faire autrement. J’écris plus que je ne publie, j’esquisse, je peins au gré de mes désirs, de mes caprices. Rien ne m’oblige. Ni contrainte. Ni temps.

Répondant à la source unique du plaisir, la seule qui puisse se concevoir, celle qui échappe à la contingence d’écrire ou de faire pour plaire. Le désir de créer ne saurait admettre pour séduire un auditoire de se soumettre à un cahier des charges pour se codifier.

Il y aurait là une conception paradoxale pour ne pas dire un mauvais scénario, allant à contrario de cette quête légitime de liberté. Apparaissant en transparence de ce delta de verre, et sous le lustre magistral des trois lumières. Tandis qu’à présent dans le registre secret de son âme, elle entrevoit tout là-bas son deçà… Ce merveilleux endroit dominé par sa quatrième lumière, par son raisin des Corbières.           

Ariana Barras     

17/11/2016

LA BAS, TOUT LA BAS

J’aurais voulu t’emporter au bout du monde, là où chaque jour serait un prélude et là où il ne serait plus question du pourquoi, du quand et du comment. Là où les perspectives sont perpétuelles et là où les parcelles de terre sont comme des lettres égarées qui cherchent leur énoncé…

Là où les hommes vivent en exil d’eux-mêmes et là où les seules portes que l’on ouvre sont celles qui mènent à l’intérieur de soi. Là où nos pensées sont limpides pour lâcher prise et là où les qualités humaines sont supérieures aux variations cérébrales…

Là où l’on ne voit que joies de vivre des petites gens puisque l’opulence, la puissance, la colère et les certitudes seraient illégales.

Là où l’arrière-pays aurait pour nom Byzance, Vérone, Florence et Constantinople pour nous lancer dans de formidables aventures…

Là où on ne prendrait plus une ride et là où il n’est plus question d’ennui et de gaspillage de soi pour vivre ensemble cinq mille ans et sans doute davantage ?

J’aurais voulu t’emporter au bout du monde, tout là-bas… mais il faudrait que tes bagages soient moins abondants !

SavalLd’Arvo

16/11/2016

COMMENTAIRE

« Un homme qui regarde d’abord la beauté extérieure d’une femme ne connaîtra jamais sa beauté divine, car il est aveuglé. Mais un homme qui voit dans l’esprit d’une femme une Merveille et qui voit d’abord sa beauté dans l’esprit et la vérité, cet homme connaîtra la « Divinité » dans cette femme. » – White Buffalo Calf Woman

15/11/2016

LE SILENCE DES ECORCES

Comme une image verticale le soir est tombé sur mes mots mal cadrés, en simplifiant les choses pour les effacer comme la buée sur un miroir. Aujourd’hui sera meilleur. La lumière monte déjà jusqu’au sommet de ma lucarne tombant sur la cime des arbres comme des gouttes d’eau et sur leurs branches qui s'agitent pour ne pas renoncer.

Et tu ne sais pas que ta voix à fait claquer le ciel de dimanche comme des ailes d’oiseaux. Avec une désarmante simplicité sans se payer de mots. Et cette pudeur poignante comme un carnet dont tu tiendrais les pages serrées en les ouvrants avec retenue, tu m’as livrée l’expression du manque dans une phrase inachevée.  

Nous avons toutes les raisons de repousser la tunique froide de l’hiver qui vient ricaner avec l’écume de la solitude, et son sourire glacé. Même s’il nous observe d’un œil blanc par les trous de la serrure pour guetter nos faiblesses comme un pouls qui ralenti. Avec tous nos instants mis bout à bout qui font comme une deuxième salve de bourgeons à nos vies. Il y a de quoi nettoyer la poussière posée sur les pentes obliques de la lumière. Pour mettre le matin à l'écart du monde et freiner le rouleau compresseur des heures.     

Ariana Barras