Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

12/10/2016

UN PEU DE PLÂTRE SUR NOS FISSURES 1

 

Au nom de tout ce qui fait la force de notre lien. Il me faut t'avouer que de te voir sombrer est toujours aussi douloureux que de sombrer moi-même. Tu sais que mon cœur n'a pas davantage de place pour un excédent d'orgueil que pour la rancœur. Que ma volonté de réparer dépasse tes offenses. Alors je fais le choix de retirer ce manteau de disgrâce que je ne supporte pas plus de voir sur tes épaules qu'entre nous, simplement pour te dire :

" Je te pardonne tout ce mal infligé ".

J'ose espérer que ces mots ne resteront pas en surface, même si tu te dis sauvé par l'émotion de l'écriture. Cette jouissance intense presque sensuelle, issue de ces mots charnels qui nous véhiculent, nous transportent, nous réconfortent, paraissent même nous soigner sur le moment. C'est vrai que le plaisir et la beauté reçues apaisent un peu la douleur, mais crois-tu qu'elles nous sauvent de nous-mêmes...? L'écriture suffit-elle à effacer tout remord, toute marque de culpabilité, toute trace de compassion, tout élan de bonté...?

Ou bien entretient-elle efficacement la distance bien réelle, physique, l'espace que l'on met volontairement entre nous et l'autre pour éviter précisément le face à face, là où l'on refuse de se risquer à prendre les larmes et la douleur brute de l'autre par peur de se faire décomposer le coeur...?

Nous agissons tous comme des révélateurs les uns envers les autres. Du meilleur au plus laid jusqu'au plus simple d'entre nous. Dis-moi, que suis-je capable de révéler en toi...? Si tu savais comme ce mot « Pardon » me contient toute entière. Comme il est l'éclat absolu de ma lumière. Comme il est le fruit de ma confrontation avec les chemins de la dureté et la cruauté, il est toute la force et la beauté révélée par ses expériences intériorisées. Il est le rubis logé dans ma poitrine taillé par trop de vies. Il renferme la vérité embrasée de mon âme façonnée dans les méandres de l'obscurité. Il est le jardin et le jus de mes grenades.

Ariana Barras

Les commentaires sont fermés.