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07/10/2016

L'EDEN EN TERRE DES HOMMES.

Il n’y a rien de plus abandonné qu’un Paradis qui fut tant déserté ! Mais il n’y a rien de moins perdu qu’un Paradis dont on ne fut jamais déchu ! Tu en demeures le possesseur au-delà du temps qui ne compte plus et des ciels de pleurs. Il reste ta terre embaumée de jasmin, ton église inondée d’une lumière à la blancheur de satin, et l’autel embrasé où tu fus élu à l’aurore claire d’un matin.

Ce Paradis n’est autre qu’un endroit sacré dans le cœur. Un tiroir caché de l’âme préservant sa pureté. La liqueur de ma vérité. L’extrême de ma générosité et l’onction de ma douceur. Une certaine idée de l’absolu. Il est instant de toute grâce et entière volupté.

Ce Paradis est aussi l’écritoire de mes mots. Il est envie irrésistible d’écrire convertie en nécessité. Il est plaisir de dire et de te dire comme un vin doux plaît à mon palais. Il est plaisir de t’offrir le monde dans l’écrin de ma main, comme on offre un joyau qui vient du cœur à la plume, pour se déposer sur la nappe défroissée d’un diner aux flambeaux.

Ce Paradis est aussi comme un soir où l’on pouvait d’une seule et même voix appeler la lumière dans l’obscurité, avec l’envie insensée d’effleurer le cœur de quelques hommes autour d’un damier clair-obscur, à défaut de ne pouvoir Tous les unir autour du banquet grandiose de l’Espoir taillé à forcer sa propre démesure !

Et puis, il est peut-être aussi comme un éclat à minuit un soir de décembre grandissant dans l’attente du couronnement de juin…

Ariana Barras  

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