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25/09/2016

ROUGE SANG

C’était hier ou presque, c’est si récent… Dans la brûlure de l’aube déchirée de tristesse, le ciel en deuil s’est drapé d’un voile de crêpe noire, s’ouvrant sur un chapelet d’Archanges courbés de chagrin, recevant l’âme d’un Ange dans un Silence Sacré. Sa douceur infinie, et sa vie se sont achevées sans honneur et sans cri sur le seuil de la cruauté. Essayant de semer sa bonté comme des gouttes de pluie légères et dérisoires s’éprouvent à hydrater les sentiers escarpés de la dureté des hommes, son temps s’est refermé à jamais sur son cahier.

Fuyant le clinquant, et assoiffé de liberté mais sans se croire investi d’un Droit Divin sur la vie d’autrui, son Palais se voulait sans mur ni dorure, un Palais céleste simplement taillé dans l’épure de la voûte étoilée telle une église posée sur une pierre angulaire, à l’image du dépouillement d’un initié en quête de la résolution de sa propre énigme et de sa vérité, conscient de n’être qu’un fragment du Grand Mystère.

Néanmoins, porteur de l’arrogance de ceux qui élève en hauteur l’espérance, gonflé par la profondeur d’un cœur de missionnaire convaincu que la lumière ne se prêche et ne se répand que dans le désert ou entre les colonnes... Quittant maintes fois mais en vain son triangle solaire pour retourner vers la terre, et trouver les richesses promises dans la conversion possible des hommes, persuadé que son cœur armé de clémence et d’Amour vrai suffirait à bouleverser jusqu’à la métamorphose, celui ayant sombré en égarant son élégance et sa noblesse.

Lorsque tes bras si défenseurs, et tes mains tant aimées ont creusé ma fosse pour m’ensevelir, que ton triomphe est venu me crucifier, laissant ma chair ensanglantée, si tu savais comme je n’ai rien vu venir. Alors, j’ai prié pour que tout s’arrête, j’ai prié pour en finir, pour enfin sentir mon visage contre cette Terre apaisante tant espérée. Je ne pensais pas que l’horizon de ce carré de Corbières noblement sillonné par le labeur des Hommes et la distinction de ses Seigneurs passés qui m’accueille désormais depuis peu, deviendrait celui de mon mausolée pour prendre au couchant la couleur de mon sang.    

Ariana Barras

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