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14/09/2016

PENOMBRE ACIDE

Cette journée a commencé dans un orage, il fallait bien qu’elle se termine dans la pluie. Ce soir il a fait froid et sombre tout d’un coup. Tes bourrasques sont tombées sur ma terrasse, ont fouetté mes volets, et l’eau a détrempé mes yeux. C’est un mercredi mouillé. Une nuit de mélancolie qui s’ouvre sur l’ombre de l’ironie.

Oui, j’ai pris une pente oblique, je me suis ramassée, là où je voulais t’exaucer. Je voulais ranimer le jour, jeter des trombes de lumière sur tes pavés. Et puis j’ai tout flanqué à côté. Le sujet comme le fond étaient bons, mais manifestement mal traités...

Je voulais y déposer un mélange harmonieux de beige, cette fois-ci pas féerique, des mots simples qui viennent crouler à hauteur d’homme là où nous sommes. Pour que la tonalité du merveilleux d’aimer rejaillissent pleinement de ce tableau qui se voulait seulement esquisse et non palette de couleur. Mettre en épigraphe le fabuleux sans te glorifier comme on met en scène le divin sur un fond discret. Il ne me reste que les grandes lignes du ciel pour t’écrire des sillons de nos vignes.

Si mes mots ont manqué leur trajectoire, reçois ma tendresse pour effacer ma maladresse. Si j'ai parlé au ciel de toi ce soir, c'est par regret de t'avoir offensé. Si le ciel se désole avec moi ce soir, c'est de t’avoir blessé. Si la terre se désole avec moi ce soir aussi, c'est qu’elle te prie de te réconcilier. Si mes larmes finissent sur ta joue, c'est que tu les auras essuyées. Alors accepte cette lettre et ces quelques fleurs, ce bouquet de rose lilas et pardonne moi. 

Ariana Barras

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