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06/09/2016

L'ODEUR DE LA GLAISE

Toujours prête à nous creuser comme un fossoyeur retourne un tas de terre. Planquée dans le dos des rires puissants, et des joies aussi minces que la soie. Elle n’a l’air de presque de rien, et pourtant la peur dessoude en silence les moments, et les heures, nous pile comme du verre avec son sourire blanc pareil à un œil vide, pressé de tout réduire à néant.

On la pressent dans ces matins où elle vient roder derrière les portes à épier les lendemains qui s’éveillent, à corroder la lumière tiède de l’aube pour nous flanquer des trainées chargées de grisaille en distillant son goutte à goutte de souvenirs désolés, et de douleurs dans nos failles.

Quand elle revient s’essorer contre ma vitre à la manière d’une pluie crayeuse et obstinée, troquant la clarté de mes allées pour des ruelles sans luminaires ballastées de méfiance. Je sais que ses pas s’enfoncent dans les miens pour me traquer et faire dégouliner au fond du puit mes morceaux d’espérance.

Alors, je te parle de ces choses sur lesquelles je n’ai pas de prise, je te parle de la joie et de l'appréhension qui me prends à l'approche de ce jour que l'on ébauche..., je te parle de contradiction, du précipice des émotions, je te parle d’instants de fragilité, d’un vertige au bord de soi, je te parle de mon application à essayer de te dire, à essayer de t’écrire ce qui survient à ma façon, je te parle de toi et de moi, je te parle d’aujourd’hui où j’ai cherché à saisir ta main pour aller jusqu’à ce jour d’après… Je sais que j'ai encore peur de la manquer. 

Ariana Barras

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