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26/08/2016

DERRIERE LE FRACAS DE LA LUMIERE

J'entends les battements de ton cœur, j’entends ce que je vois dans tes yeux, et ce que je vois c'est ton âme...

Bien que nous tracions nos mots comme de simples artisans. Je crois que tu seras toujours aveugle à ton immense talent...

Au lyrisme de tes envols qui flottent comme des notes au cours d'une soirée musicale au pied de la fraîcheur d'une abbaye.

Au renouveau de tes écrits et aux appels vibrants à la vie, qui émergent de toi comme des matins de printemps éclatants, avec la délicatesse et la dextérité aiguisées que tu affiches modestement comme ceux dont le regard assuré, endossé d'un signe ostentatoire de liberté se porte loin et droit devant.

J'aime ce que tu fais comme j'aime que tu es. Je veux que tu gardes tes tiroirs secrets, le voile sur ta part de mystère, que j'ai la soif d'aller vers toi, que j'ai le désir de te découvrir, d'aller t'apprendre encore, que jamais je ne te connaisse parfaitement, que tu restes mon parfum sauvage, ma terre de lumière.  

Ariana Barras

COMMENTAIRE

Je dois te dire qu’il y a des jours comme ce matin, comme au cours des autres jours de l’été, où tes compositions sont allées décrocher le soleil du ciel, sont venues l’abandonner sur ma toile de fond comme des touches de peinture douces et diffuses à la façon d’un Monet, apposant aux abords de mes paysages et de nos images une lumière ambrée, sculptée dans la légèreté de l’air comme l’aube tout juste éclose. Tu sais, parfois je crois que dans tout ça, dans tes écrits, comme dans nos liens, il y a sûrement quelque chose de la provenance du jardin des étoiles, du parfum des cathédrales...   

Ariana

A CROIRE QUE LES ETOILES NOUS COMPRENNENT

Que nous fêtions nos ivresses ou nos verres brisés, nos soleils noirs ou nos matins enchantés. L’écriture est un plaisir privée, une jouissance prolongée comme le fond d’une nuit éclairée par les frôlements d’un amant doux et empressé. C’est un endroit où l’on est seul avec la solitude désirée, un endroit délacé des autres, un endroit sans quoi les mots ne peuvent dégringolés de nos encriers. Une histoire d’amour narcissique et passionnée, un orgueil mesuré que l’on se prescrit comme le Seigneur des nuées qui se met en retrait. L’écrit est un outil magnifiquement limité, la conjonction d’un paradoxe qui descend en nous, nous dissout, et qui cependant coagule la pensée en passant des mots fluides aux mots solides.

C’est un art imparfait à hauteur de notre humanité, comme l’amour vrai a de la tendresse pour nos faiblesses… C’est aussi une manière de confesser notre conscience pesante. De nous rincer de nos doutes et d’écraser nos peurs sur le sol comme des cigarillos fumés, en s’assurant de ne rien risquer sur des terrains que l’on prétend minés. Au fond, je crois qu’écrire est à chaque fois une nouvelle façon d’en finir avec soi. De se creuser pour arriver jusqu’à ce vide qui nous mord après les mots. Ce vide qui se fait manque aussitôt. Même si parfois on se retrouve encombré par cette matière dont on ne sait que faire. Si ce n’est la léguer à d’autres, comme un morceau de chair, une joie béante, un excédent. On se dit que cette encre ruisselant sur nos feuilles assoiffées, va s’écouler ailleurs, va remplir les prunelles fidèles de nos de liseurs, poser nos mots sur le bord de leurs lèvres, et sur l’autel de leurs chapelles.

Ces lignes sarclées dans la glaise alourdie par des trombes de mots semblables à des orages déchirant l’été, qui nous contiennent, et finissent par nous quitter, en circulant de l’obscurité à la clarté, de nos silences à nos cris sourds. Passent du dedans au dehors par la porte basse de nos entrailles dans une délivrance empoignant nos reins. Et puis l’étrangeté de ce sentiment qui nous saisit une fois l’écriture achevée. La dépossession qui s’imposent et qui doit s’imposer pour voir grandir nos écrits, les laisser filer vers leur destinée à la suite de l’effervescence qui nous a pris, comme on prend les bourrasques du vent avec des mots qui viennent comme des matins qui n’ont encore rien fait, des matins à peine éclos, des matins qui arrivent nus, puis plus rien ne nous appartient de la vie de nos écrits, jusqu’à l’oubli.

Jusqu’à la relecture traversée par la souvenance des émotions heureuses qui ont tracées nos sillons, et des pluies désolées qui ont hachurées nos yeux et notre horizon. L’écriture est une aventure avec nous qui va jusqu'au bout de la vie, nous permet de respirer plus haut, et d’exister plus fort. De boire l’air frais du matin comme un animal sauvage lape une flaque d’eau. De rendre le jour moins hésitant, de rejoindre les aigles entre terre et ciel, de se tailler une part de liberté comme deux oiseaux blancs posés sur les ailes du vent croisant vers un même lointain. Comment désormais te le dire autrement que dans l’art de ces petits riens…?

Ariana Barras

25/08/2016

COMMENTAIRE

SUPERBE
L’homme flirte perpétuellement avec le mensonge pour couper court aux conflits, aux affrontements tendancieux, à tout ce qui entrave son bon développement physique et psychologique. L’écrit joue ce rôle de confesseur en livrant ses propres faiblesses.

SavalL

24/08/2016

A RAS DU CIEL

Au gré des années qui titubent sur leurs devers, entre les nostalgies et les parfums violents des printemps. Il m’arrive de souhaiter m’enfoncer encore plus profondément dans mes passions, dans mes terres. D’aller vers ce qui m’apparaît toujours plus pressant et nécessaire, la solitude de l’écriture, et les ponts jetés entre nos silences de taiseux, et nos antres de solitaire.    

Je voudrais ne plus sentir mes yeux s’user d’avoir trop vu et mon âme d’avoir trop vécu, de ces matins érodés comme des galets fatigués au fond d’une rivière. Être un paysage plus vaste, plus éclatant, et plus élevé. Être seulement une page blanche. La courber de mes écrits, et de nos mots, de nos émotions satisfaites, enfouies par l’imprudence et la distance, et qui sait, de confiance à réapparaître...

Que le souffle de ta vie et ton encre rejoignent inlassablement le lit de mon cours, la résonance de mes jours comme l’air endosse la plus superbe de tes clartés. Que tes humeurs enlisées de traînées grises et de vent s’écoulent et se drainent dans la douceur de mes eaux. Que mes sillons aient appris le sombre de tes états d’âme, ceux qui clôturent l’aube comme une cataracte creuse le ciel, fait effondré le jour avant même de le commencer. Je ne suis jamais qu’à un pas de toi.      

Lorsque les serres du temps m’étreignent, et se resserrent dans une peine légère, que la densité et le poids des choses se ressentent, que le paysage et le vent murmurent que tout se déroule bien sans nous, nous effacent et nous refoulent jusqu’à l’aplomb du renoncement.

J’ai plus que le désir d’honorer l’existence. Je veux boire chaque instant jusqu’à la dernière goutte de l’océan. J’ai le désir de matins souverains comme la vérité, d’une couche farouche de liberté scintillant sur le loin comme un chant d'amour posé entre les mains des hommes. J’ai le désir de dépoussiérer nos rêves et le fond du ciel. J’ai le désir d’embrasser les aurores, de saisir la lumière dans mes bras. J’ai le désir de croire à aujourd’hui, à la profondeur de ton cœur, et à la pleine conscience ouvrant les portes de l'intuition, et rejoignant l'infini.

Ariana Barras