Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

11/07/2016

VIGNES BLANCHES

C’est juste un matin qui ne sait pas, un matin mouillé de sa petite pluie, à l’écorce blanche et à l’air cendreux, qui hésite à s’installer, comme la destinée que tu éludes, comme un matin que tu ne veux pas. Des déclarations et des préludes à perte de vue comme les marches usées et tant parcourues, d'un escalier en colimaçon que l'on en vient à supposer sans fond ?  

Alors que la clef de sol de cette portée virginale où toutes les notes restent à coucher, annonçait la brillance d'une symphonie belle et plutôt bien cadencée. Mais tu choisis de larguer les amarres et tirer les dérives de notre histoire, moyennant de lui donner prise aux vents mauvais, pour la laisser mourir par tes absences, tes renoncements et tes silences répétés.

Tant de proses rentables sur des promesses levées comme des roses rouges impeccables et de faits encore espérés... Tant de saisons et de temps pilés comme du verre dans ce carré de ciel, que tu préfères noircir quand je t'oppose de le faire resplendir.

Parfois je voudrais t’avoir là, te savoir écrire à quelques pas, écouter tes mots se ranger comme des épis de blé, je pourrais me détacher de ma page ou de mon chevalet, laisser traîner mes taches de peinture, sur mes mains, sur ma table, sur ma joue et sur toi. Si tu savais comme il suffirait de peu pour convertir la pénombre en lumière derrière nos volets entrouverts, seulement ouvrir tes paupières et voir ton image scintillée dans mes yeux comme dans nos petits jours heureux.

Ariana Barras

Les commentaires sont fermés.