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08/07/2016

REPLIQUE

Une semaine à essayer de gagner quelques heures de plus contre le silence précis et écrasant de ton vide, à respirer l'air irritant, à écouter l’écho de ta voix, à combattre contre l’infidélité douloureuse des jours, à tenter de lutter contre la récurrence de tes procès. Et voilà que ta lame de fond me projette de nouveau à l’aplomb du monde d’en bas, du monde des ombres.  

Et puis comment te dire que j’ai si mal à toi, si mal à t’écrire, si mal à ces mots que je ne parviens pas à te dire… Mes yeux se désolent sans plus rien à quoi se retenir, se trempent sans pouvoir se rattraper à un espoir, et s’épuisent à buriner ces lettres démantelées. Mes tempes te résonnent à me faire crever en plein cœur de cette terre dépeuplée, où je me suis ramassée quand tu m’as débarquée.        

Parce que c’est cela que j’essaye de te dire, tu es tellement ancré en moi et j’ai tant foi en toi, comme si j’avais été désignée pour ça, pour t'aimer sans reddition, ni orgueil, que même fauchée et épuisée, je ferais pénitence en pleine lumière sous le feu du désert ; pour faire taire tes sentences, et briser ce cycle noir de ruptures et la lecture de tes condamnations. Si tu m’offrais enfin tes lèvres trempées de bonté et la récompense de ta compassion.  

Malgré l’éclat des larmes aux bords des yeux, les déchirures et les blessures sans contour, tu l’auras compris toi aussi mon amour. Ce soir il me faut bien croire et abdiquer face à cette réalité, que tu sois si vindicatif ne saurait contrer la puissance et la vérité de mes résonances.

Ariana Barras    

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