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30/06/2016

DROIT ET POUVOIR

A l’heure de la toile, d’une multitude de réseaux sociaux, et de supports d’accès, les écrits se lancent autour de la terre à la vitesse de la lumière. Satisfaisant un niveau de liberté d’expression jamais égalé. Chacun y va de son tweet, de son message sur sa page en un clic, au nom du culte de la réactivité. Grisé par ce pouvoir immense que l’on utilise comme des ingénus inconséquents. En quête de consommation de plaisirs instantanés, il nous en faut toujours plus pour nous remplir. On se jette dans une course décevante, qui nous vide au lieu de nous nourrir. On s’affiche, on s’attise, on entre en concurrence.

Et des messages pas toujours très nets, suants l’agressivité s’écrasent sur les murs de l’Internet. La violence de la société rejaillit avec un retentissement si fort, qu’elle s’introduit en nous et va jusqu’à s’emparer de nos relations, y compris avec ceux que nous aimons. On en vient à ne plus se supporter, et si nous n’avons pas de raisons pour nous justifier, tout sera prétexte à se rejeter.

Alors voilà que les mots nous arrivent et nous plantent aussi efficacement que des baïonnettes. Dans ces jours plein de mélancolie comme aujourd’hui, j'en viens à me demander si l’homme ne porte pas en lui ce besoin de faire mal pour s’affirmer ? Ce pourquoi, je reste convaincue que nous avons une responsabilité dans ce monde, en participant par notre attitude au bonheur des uns et des autres.

Il suffirait de peu. S’émerveiller durablement, regarder, écouter, jouir des plaisirs appelle à retrouver le temps. Et puis, associer la réflexion comme on nous l'enseigne sous la voûte, à celui de la liberté d’expression, pour modérer les mots à l’hôtel de la sagesse. Il y a tant de beauté en l’homme lorsque sa conscience s’élève, et de noblesse dans les lettres bien façonnées. N’oublions pas qu’il est plus urgent de s’aimer que de s’entretuer.

Ariana Barras

29/06/2016

ENJEUX DE L'ESTIME

S’il y a un espace de lucidité, et de raison dans l’amour, il se situe sans doute dans la reconnaissance des qualités, des valeurs, des talents, et des différences valorisantes que l’autre possède. A l’inverse de l’idéalisation qui aveugle, l’admiration redonne la vue, en replaçant l’Etre aimé à la bonne distance de soi. Une distance qui autorise également l’observation des imperfections.  

Tandis que les défauts et les faiblesses humanisent le regard, l'admiration l'attendrit. Qu’un autre que soi, nous ravisse, nous surprenne, nous bouleverse, est un sentiment exaltant, inspirant, qui parfois s’avère être une source d’aspiration vers quelque chose qui nous élève. Indéniablement cette dimension ajoute de la considération aux rapports, par l’acceptation que chacun existe pleinement en dehors de l'autre. 

La relation se fortifie en réduisant les enjeux de l’amour narcissique, de l’appartenance, sans pour autant nier que nos manques et nos frustrations puissent y trouver une réponse. Ni sans occulter que l’amour est aussi une impulsion instinctive, que l’envie de possession existe et qu'elle peut naturellement s'inscrire dans le contexte du désir et même le stimuler.

Je pense que l’amour ne peut perdurer sans admiration réciproque. Dans ce contexte, il s’agit davantage de partager, de s’initier l’un, l’autre, et de progresser tout en préservant sa propre voie, en composant un horizon. Ici l’enjeu est d’aimer mieux.

Ariana Barras.

28/06/2016

COMMENTAIRE

Sur mes terres, la bonté et la compassion ne sont pas des histoires légendaires. Ici bien plus qu’ailleurs les choses prennent le temps d’être, de vivre, et de perdurer, par conséquent d’exister pleinement par une constance belle, et bien réelle. 

26/06/2016

LOIS SIDERALES

L’écriture est peut-être une manière de nous préciser dans le monde des choses. Une marque que l’on burine sur la ligne du temps avec lequel nous avons une relation tangible et fondamentale. Un appui pour transcender notre finitude terrestre et converger au-delà de ses limites, en plongeant vers l’inconscient humain, au milieu de la résonnance universelle. Mémoire dont nous sommes à la fois les dépositaires, et les messagers de l’humanité, lors de la succession de nos voyages au sein d’un continuum de cycle et d’énergie.

Oui, je pense que nos vies reposent sur une capitalisation de ressources patiemment engrangées et disponibles, lorsque nous parvenons à écouter notre intuition qui nous raconte une histoire pure, dont les chroniques de la connaissance et de l’homme font partie. Finalement je crois qu’il ne s’agit pas d’être par la pensée, mais plutôt d’être conscient que ce que nous croyons pour être réel, nous dépassent. Que tout ce qui nous entoure n’est qu’une succession de lois physiques, de réactions, d’attractions, réduites à des hypothèses accessibles à notre entendement, issues et conçues par les limites de notre intelligence.

Depuis ces débuts, la mécanique quantique nous a ouvert les portes d’un univers fascinant, tout en livrant un constat provoquant sur le mode aléatoire du déplacement des photons, qui, s’ils sont soumis au regard, se comportent de manière différente que lorsqu’ils sont exposés à celui de la caméra. Sans conscience d’être, nous serions malgré tout au sein de ce système complexe. Savons-nous réellement ce que sont la vie et la mort ? Des états, des passages, vers quoi, vers quelle réalité ? Si nous sommes architectes de nos vies, selon la liberté dont nous disposons, ne sommes-nous pas aussi architectes d’un réseau infini de multi réalité et de multi conscience ?

Einstein lui-même tentera sans succès de concilier les lois de ces univers, de l’infiniment grand et de l’infiniment petit. Et avouera avec la modestie des génies : « Je dois ressembler à une autruche qui sans cesse cache la tête dans le sable, pour ne pas faire face aux méchants quanta ».  

Ariana Barras

25/06/2016

ESTUAIRE CARRE

Quand sonne la nécessité de faire circuler la parole au milieu de ce triangle entre le face à face de mon huis clos intérieur, et ce blog qui me supporte avec sa petite épreuve de passage toujours là, dans ce couloir étroit et sa petite douleur. Je termine de l’autre côté, pour me rassembler augmentée d'une sensation de court dépassement de soi, comme récompensée par la modeste obole de la conciliation.    

Et tant qu’à me découdre les viscères, je continue de me creuser toujours davantage dans ce cambouis intérieur, qui me laisse les mains sales dès que j’y plonge, en explorant ce que l’on nomme notre « humanité ». Du coup j'aligne tout ça, comme une tentative d’avoir une prise sur la petite boue de l’existence, qui s’immisce partout au fil des pages comme l’eau qui me charrie au milieu de la vie, et dont je demande parfois si nous sommes faits pour la vivre ainsi. Toujours à l’aplomb du vide et de la perte des hommes, du précipice du monde qui nous attend au détour d’un dernier dérapage qui nous sera fatal !

Pour décrire tout ça, j’ai parfois envie que mes mots soient laids, qu’ils répugnent, me vomissent comme du poisson pas frais. Qu’ils soient à fond de cale et qu’ils y restent, qu’ils sentent la rouille, qu’ils soient un cri de tôle insupportable. Mais bon chacun s’y trouve avec suffisamment d’occupations et de convictions, pour ne pas trop la planter droit dans les yeux à se détraquer le système ! Et constater que nous sommes tous remisés dans des salles d’attente comme des voyageurs condamnés sans le goût ni l’ivresse du voyage.    

Alors chacun la sienne, que l’on meuble d’objets usés, de nobles intentions, de souvenirs remisés, de terre de cimetière, de ciels cendrés, de flaques d’eau. La mienne est  fourbue de mots, de tragédies en musique et de musique sans voix, de projets essentiels, de saveur crémeuse, de doigts crispées sur des crayons et des pinceaux, de ton odeur musquée à l’aube, de silence de taiseux qui écrit et de murs lisses. D’un miroir pour cerner mes yeux de noir et maquiller ma bouche, que je truque d’un sourire pour duper les jours sans roulements ni tambours, en attendant d’écouter le frémissement de ta peau.          

Ariana Barras